Stronger by the bushel

Des cultures plus résistantes

Les percées de l’Université McGill en épigénétique contribueront à prévenir des dommages coûteux aux récoltes des cultivateurs de blé
24 mars 2014

Lorsque le blé germe avant la moisson, la récolte est ruinée, ce qui coûte au secteur mondial du blé jusqu’à un milliard de dollars par année. Et comme cette céréale constitue la culture la plus importante au Canada ‒ qui a exporté pour 6,7 milliards de dollars de ce grain en 2013 ‒ ce problème est bien connu de nos agriculteurs.

Heureusement, une équipe de l’Université McGill, dirigée par Jaswinder Singh, a peut-être trouvé une solution. Longtemps on a cru que la germination sur pied (GP) dépendait principalement des périodes de précipitations prolongées et d’un taux d’humidité élevé. Pendant plus de vingt ans, des scientifiques du monde entier ont tenté en vain de cultiver du blé qui ne germinerait pas avant la récolte. Or, M. Singh et son équipe ont récemment découvert les facteurs épigénétiques qui, en plus des conditions environnementales, pouvaient engendrer la GP du blé. (L’épigénétique fait référence aux modifications d’une espèce causées par un facteur autre que l’ADN. Le préfixe « épi » signifie littéralement « sur » en grec.)

Les chercheurs ont ainsi découvert un important déclencheur génétique qui agit tel un interrupteur, déterminant si le plant va germer ou non à la suite d’une exposition à un degré d’humidité élevé et à des pluies excessives. Cet interrupteur est présent dans un gène de la classe ARGONAUTE4_9. Grâce à des outils de génomique et d’imagerie moléculaire financés par la Fondation canadienne pour l’innovation, l’équipe de M. Singh a pu cerner certains gènes en particulier de cette classe. Elle a ainsi comparé les variétés de blé résistantes à la GP et celles qui y sont prédisposées, localisant du même coup les marqueurs moléculaires permettant de cibler systématiquement les variétés peu susceptibles de germer dans l’épi.

M. Singh est en train de concevoir un outil de criblage pour procéder rapidement et efficacement à l’analyse des diverses variétés de blé de la planète qui pourront ensuite permettre aux cultivateurs de blé d’éviter de coûteux problèmes.