Colour-coding

Couleurs vivantes

2 septembre 2009

D’ici cinq ans, un commis qui reçoit un billet de 100 $ saura très facilement si on lui a remis un faux. En effet, il n’aura qu’à presser le billet entre ses doigts pour voir les couleurs changer, ce qui lui indiquera qu’il ne s’agit pas d’une contrefaçon.

Que diriez-vous d’une pile rechargeable dont la surface changerait de couleur pour indiquer la charge épuisée et la durée de vie restante?

Il ne s’agit pas de science-fiction, mais bien d’applications réelles auxquelles travaillent les cinq employés d’Opalux Inc., société affiliée à l’Université de Toronto, en collaboration avec des partenaires industriels. L’entreprise, qui a vu le jour il y a trois ans, est le fruit de la thèse de doctorat d’André Arsenault qui combinait les secteurs de recherche de deux chimistes de l’Université de Toronto travaillant en nanotechnologie, Geoffrey Ozin et Ian Manners (qui est maintenant à l’Université de Bristol, au Royaume-Uni).

Les recherches d’Ozin portaient sur la création de nanostructures synthétiques qui, lorsqu’elles sont exposées à la lumière, imitent les qualités visuelles de l’opale, une pierre qui peut prendre les couleurs de l’arc-en-ciel. Ian Manners, lui, tentait de produire des matériaux artificiels, notamment un polymère à base de fer pouvant porter une charge électrique. La thèse d’André Arsenault combinait les deux concepts afin de créer un cristal « accordable » ressemblant à l’opale, un matériau dont on pourrait ajuster les changements de couleur extrêmement rapides.

Arsenault songeait à poursuivre une carrière universitaire et était sur le point d’accepter un poste de recherche postdoctorale à l’Université Northwestern de Chicago, quand Geoffrey Ozin et le bureau du transfert de technologie de l’Université de Toronto ont proposé qu’il présente plutôt la nouvelle technologie à des bailleurs de fonds et des clients potentiels. Le chercheur a accepté la proposition et s’est vite emballé pour les applications de la recherche. « J’ai simplement décidé de ne pas suivre la voie universitaire et de me lancer dans la mise au point de cette technologie afin de la voir se transformer en quelque chose de concret, d’utile, qui aiderait vraiment les gens », confie-t-il. Malgré un climat économique difficile, Opalux a réussi à attirer des investisseurs et des clients potentiels.

Cette réussite a inspiré à Geoffrey Ozin, dont le projet de recherche est aussi financé par la FCI, une vision de l’avenir où le Canada transformerait le monde de la colorimétrie et gagnerait ainsi une confiance nouvelle en ses possibilités : « André Arsenault et Opalux, s’ils réussissent, seront des modèles pour d’autres jeunes inventeurs-entrepreneurs au pays, qui seront inspirés et croiront qu’ils peuvent y arriver eux aussi, et ici même, au Canada. »