Extreme exposure

Conditions extrêmes

Comment réagit le corps humain au froid polaire ou à la chaleur écrasante? Un nouveau laboratoire de Brock se penche sur les effets des températures extrêmes
2 décembre 2009
Stephen Cheung
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Stephen Cheung
Avec la permission de l'Université Brock

Il fait environ 5 °C dans la chambre climatique et Geoff Hartley, vêtu d’une tunique en grosse toile et de sandales, essaie, de ses doigts engourdis, de glisser de petites chevilles dans de petits trous. Encore une journée « relaxante » au laboratoire de l’Université Brock ! C’est ici que s’active Stephen Cheung, un scientifique reconnu mondialement pour ses travaux sur les effets des températures extrêmes sur le corps humain.

Geoff Hartley, un étudiant de deuxième cycle de Stephen Cheung, a enfilé cette charmante tenue en août dernier dans le cadre d’une émission de la chaîne History sur le commandant carthaginois Hannibal et ses campagnes en Europe, vers 200 av. J.-C. Le segment visait à comprendre comment les soldats étaient parvenus à traverser des montagnes où régnait un climat glacial. Après une demi-heure d’activités et d’observations, les doigts de l’étudiant sont devenus douloureux et le chercheur a interrompu la représentation.

« Je devrais quand même pouvoir me rendre utile, dit l’étudiant en riant. Il faut bien que quelqu’un s’occupe de la collecte des données au laboratoire. J’ai passé pas mal de temps dans la chambre, mais sans la présence des caméras de télévision. »

Le laboratoire d’ergonomie environnementale est unique en son genre en Amérique du Nord et on n’en trouve que deux autres de même type dans le monde ; il comporte une chambre climatique de trois mètres sur trois mètres, capable de recréer des températures de – 30 °C à + 50 °C ainsi que des conditions hygrométriques et altimétriques précises. Il est également doté d’une installation circulaire d’immersion de deux mètres de diamètre, qui peut se transformer en spa ou reproduire les eaux froides de l’océan Atlantique.

Noah MacCallum, un élève du secondaire,
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Noah MacCallum, un élève du secondaire, participe à une démonstration en laboratoire : il se prépare à être plongé dans une cuve d'eau froide.
Avec la permission de l?Université Brock

Les effets de la température sur le corps – modification de la fréquence cardiaque, des seuils de transpiration et de tremblement et, même, changements psychologiques – fascinent depuis longtemps le chercheur. Quand il a entrepris ses études postuniversitaires à l’Université Simon Fraser en 1991, sous le mentorat d’Igor Mekjavic, il a été attiré par l’ergonomie environnementale.

Le travail de l’équipe de Stephen Cheung a permis plusieurs avancées dans divers domaines : conception de vêtements de survie et de flottaison, régulation de température en période de stress thermique et d’hypothermie et diminution du stress thermique à l’effort chez les personnes atteintes de sclérose en plaques.

« Nous apprenons comment le corps fonctionne, mais pratiquement chacun de nos projets peut s’appliquer à un contexte particulier visant à rendre un travail ou un exercice plus sécuritaire ou plus productif, fait valoir le chercheur. C’est vraiment enivrant. »