Minding the infrastructure gap

Combler le fossé de l’infrastructure

Combler le fossé de l’infrastructure

La recherche innovante est un élément essentiel du plan pour rendre les routes, les ponts et le réseau d’aqueduc du Canada plus solides, plus sécuritaires et plus durables
27 mai 2014

Nous tenons souvent l’infrastructure publique pour acquise. Nous supposons que les ponts que nous traversons pour nous rendre au bureau demeureront stables, que nos robinets continueront à nous approvisionner en eau potable et que nos bâtiments resteront bien dressés vers le ciel. Mais rien n’est éternel. Tout finit un jour pas se briser.

Nous vivons à une époque sans précédent. À l’instar du monde entier, le Canada connaît une migration massive vers ses centres urbains ? aujourd’hui, environ 80 pour cent des Canadiens habitent à la ville, une tendance qui ne semble pas sur le point de se renverser. Cette concentration accroît notre besoin en matière d’infrastructure nouvelle et exerce une pression et un stress supplémentaires sur notre infrastructure vieillissante en grande partie construite pendant l’essor économique qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Toutes ces routes et conduites d’eau et tous ces ponts et égouts ont été construits pour durer. Mais à l’époque, on estimait cette durée à une cinquantaine d’années.

Et voilà qu’un demi-siècle plus tard, au Canada, « le fossé de l’infrastructure » ? soit la valeur de l’infrastructure actuelle par rapport à celle de l’infrastructure nécessaire ? qui est déjà très large, continue à se creuser de jour en jour. Aussi, il en coûterait environ 100 milliards de dollars pour combler cet écart. Sommes-nous prêts à en payer le prix?

Infrastructure - Durée de vie

Pas encore, répond Hugh Mackenzie, économiste et auteur d’un rapport alarmant sur l’état de détérioration de l’infrastructure publique au Canada intitulé Canada’s Infrastructure Gap: Where It Came From and Why It Will Cost So Much to Close. Dans ce rapport publié en janvier dernier par le Centre canadien de politiques alternatives, M. Mackenzie ne cache pas l’urgence de cet enjeu : [Traduction] « Il apparaît clairement, tant dans les statistiques que dans l’expérience quotidienne des Canadiens de partout au pays […] qu’il y a un écart monumental entre les travaux d’infrastructure en cours et ce qui devrait être remis en bon état ou construit afin de répondre aux besoins éventuels. »

Il n’est jamais facile d’obtenir du financement en faveur de l’infrastructure publique à moins que les besoins ne soient criants. Or, dans ce domaine, ce constat s’accompagne souvent de lourdes conséquences, comme lorsque le viaduc de la Concorde s’est effondré à Laval, au Québec, en 2006, faisant cinq morts et six blessés graves.

Dans les villes et les villages des quatre coins du pays, d’autres signes avant-coureurs se manifestent. À titre d’exemple, à Toronto, la Gardiner Expressway – une autoroute élevée – se détériore à un rythme tel que des ingénieurs municipaux prédisent que certaines sections clés de l’artère du centre-ville devront être fermées d’ici une dizaine d’années. Pendant ce temps, à Montréal, de gros morceaux de béton se détachent de l’autoroute Ville-Marie qui passe en plein centre-ville et on a dû récemment réparer d’urgence les ponts Honoré-Mercier et Champlain, deux voies extrêmement importantes qui relient l’île de Montréal à sa banlieue.

L’autoroute Gardiner, hier et aujourd’hui

Images prises de l’autoroute Frederick G. Gardiner, à l’angle du boulevard Lakeshore Est et de la rue Cherry, à Toronto, il y de cela environ 60 ans. Une superautoroute devant permettre aux automobilistes de se déplacer rapidement et facilement dans la ville est devenue un projet qui coûtera, au cours de la prochaine décennie, plus de 500 millions de dollars à la ville pour entretenir l’infrastructure.
(Archives de la VIlle de Toronto, Fonds 1257, Séries 1057, Article 5619)

Que faire devant cette crise? En fait, nous devrons nous attaquer au problème sur de multiples fronts en augmentant le financement public, en créant de nouvelles formes de partenariats public-privé et en amplifiant nos programmes de recherche dans ces domaines.

La dernière option est peut-être la plus facile à mettre en œuvre. En effet, le Canada est d’ores et déjà un chef de file mondial en matière de recherche dans le domaine de la construction d’infrastructure. L’accident tragique qui a eu lieu à Laval et l’affaissement d’un centre commercial qui s’est avéré mortel l’an dernier, à Elliot Lake, en Ontario, ont constitué un brutal rappel à la réalité pour tous les Canadiens, mais ces événements soulignent également l’importance des recherches menées au Canada ? des travaux qui nous permettent de mieux comprendre la détérioration à long terme de ces structures et qui proposent des façons novatrices de rendre ces dernières plus solides, sécuritaires et durables.

Comme toujours, il ne s’agit pas uniquement de promouvoir et d’alimenter cette recherche; il faut aussi veiller à ce que ces innovations passent du laboratoire au marché en temps opportun. Cet effort entraînera évidemment des répercussions mondiales considérables. Le fossé de l’infrastructure au Canada est peut-être large, mais il est minuscule par rapport aux besoins des pays qui progressent rapidement comme l’Inde et la Chine.

Aujourd’hui, des chercheurs canadiens tentent de combler ces lacunes de plusieurs manières. Ils créent de nouveaux matériaux afin de construire des routes et des ponts améliorés, et trouvent des moyens ingénieux de réparer et de renforcer les anciennes structures; mettent au point des techniques d’avant-garde afin d’inspecter les structures grâce à un système de surveillance numérique en temps réel; créent des adjuvants « verts » pour que le béton soit plus solide et économique; construisent des installations novatrices pour étudier l’infrastructure souterraine ou « cachée » telle que les conduites d’eau et les égouts; mettent en place des méthodes de recherche concertée afin de faire encore davantage de progrès à l’avenir.Cliquer sur les articles à droite pour en savoir plus.

Des travaux de construction

La recherche menée au moyen d’installation de pointe rend la chaussée sécuritaire

Prolonger la durée de vie des infrastructures en béton

Le professeur agrégé Benoît Bissonnette fait visiter le centre de recherche sur l’infrastructure en béton de l’Université Laval, à Québec, aux représentants de la FCI. Grâce à cette installation, les chercheurs évaluent le comportement des structures d’acier et de béton dans des conditions environnementales extrêmes afin d’aider l’industrie de la construction à élaborer de meilleures techniques de conception et de remises en état.

 

Mention de source, photo principale : Sharleen Benoit

Premier affichage : 12 juin 2013

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