Fighting the postpartum blues

Combattre la dépression post-partum

21 juillet 2010

Vous venez d’avoir un bébé. Vous êtes déprimée. Vous consultez votre médecin, qui vous prescrit des médicaments ou vous dirige vers un psychologue. Malheureusement, votre régime de soins médicaux ne couvre ni l’un ni l’autre. De toute façon, vous préférez éviter les médicaments et, dans certaines régions, il faut attendre six mois avant d’obtenir un rendez-vous avec en psychologie.

Voilà les obstacles qui empêchent au moins la moitié des femmes souffrant de dépression post-partum de recevoir l’aide dont elles ont besoin. Ce problème, dont la fréquence est inquiétante (une mère sur sept présente des symptômes), mène souvent à des lacunes dans les soins donnés au poupon et soumet le couple à des tensions, deux conséquences susceptibles d’influer profondément sur le comportement et le développement de l’enfant.

Nicole Letourneau, chercheuse à l’Institut canadien de recherche en politique sociale de l’Université du Nouveau-Brunswick, s’est donné pour mission de résoudre le problème en posant une question toute simple : quelles ressources, accessibles et abordables, pourraient venir en aide à ces femmes, même en région rurale? Deux réponses ont émergé : d’autres mères à qui parler et leur partenaire. « Les pères constituent une ressource précieuse qui n’est pas exploitée », explique-t-elle.

Une étude a révélé que les pères souhaitent aider leur partenaire, mais qu’ils se sentent impuissants et mal informés. « Ils sont là, pourtant personne ne leur dit comment épauler leur conjointe ou ne leur demande comment ils vont. »

En collaboration avec un comité consultatif pancanadien, la Dre Letourneau interviewe actuellement 90 pères afin d’évaluer le type d’aide dont ils ont besoin, comme elle l’a fait auparavant pour les mères. Selon elle, les résultats permettront à son équipe de créer des ressources utiles pour les pères.

Entre-temps, la recherche de Nicole Letourneau sur les mères porte des fruits. En effet, une ligne téléphonique sera bientôt mise à la disposition des nouvelles mamans du Nouveau-Brunswick, qui pourront ainsi échanger avec d’autres femmes ayant traversé une dépression post-partum.