Business-University research: Improving interactions between individuals

Collaboration de recherche entre les entreprises et les universités: améliorer les échanges interpersonnels

31 juillet 2006

Des dizaines d’études se sont déjà penchées sur les collaborations en recherche, et en particulier sur les partenariats public-privé. Dans le cadre de son septième rapport annuel sur l’innovation, le Conference Board du Canada s’intéresse aux vecteurs et aux obstacles observables dans la communication entre les personnes travaillant en entreprise et dans le milieu universitaire.

Nous croyons que les collaborations entre les entreprises et les universités sont essentielles à l’amélioration du commerce fondé sur l’innovation au Canada. D’ailleurs, la table ronde sur la valorisation de la recherche organisée par le Conference Board (et qui regroupe 50 présidents-directeurs généraux, sous-ministres et recteurs) laisse croire que le Canada ne devrait viser rien de moins que le premier rang mondial en matière d’investissements du secteur privé dans la recherche universitaire.

L’étude cherche à déterminer les pratiques sous-jacentes aux collaborations réussies et à informer les collaborateurs potentiels des écueils à éviter. À cette fin, le Conference Board a interrogé 67 chercheurs qui ont mené des projets de recherche en collaboration.

Principales conclusions

La collaboration présente une vaste gamme d’avantages
Nombreux sont ceux qui mesurent les résultats de la collaboration en fonction des projets menés à terme, de la propriété intellectuelle produite et du nombre de nouvelles entreprises dérivées. Pourtant, les collaborations produisent toute une gamme de retombées qui méritent qu’on s’y attarde autant, sinon davantage.

Voici quelques exemples d’avantages pour les chercheurs universitaires :

  • création de nouveaux programmes d’études et de nouvelles disciplines;
  • augmentation des échanges entre les étudiants et l’industrie, qui se traduisent souvent par des offres d’emploi;
  • contact avec toute une gamme de points de vue différents;
  • accès à du matériel, à un auditoire et à des installations auxquels ils n’auraient pas accès autrement.

Voici quelques exemples d’avantages pour les entreprises :

  • amélioration de leur visibilité et de leur réputation (un élément qui gagne en importance dans les domaines tels que la biotechnologie, car la demande de talent dans ces domaines est de plus en plus concurrentielle à l’échelle mondiale);
  • renforcement de leurs capacités en sciences et en recherche grâce à leur collaboration avec des chercheurs d’envergure internationale;
  • nouvelles occasions d’affaires découlant de recherches menées en collaboration.

D’autres avantages, comme la production de savoir de pointe, l’accès au talent, la mobilité professionnelle et le gain de confiance, s’observent dans les deux camps.

Les divergences de point de vue sont profitables
D’aucuns affirment que la collaboration entre l’industrie et les universités est entravée pas des différences fondamentales de motivation, de point de vue et de culture. Au contraire, les chercheurs interrogés sont d’avis que ces différences représentent plutôt un avantage qu’un inconvénient. Ils considèrent comme essentiel le contact avec des points de vue nouveaux ou différents des leurs.

Les étudiants constituent un élément clé
Dans ce type de collaboration, la plus grande partie du travail des universités est généralement effectuée par des étudiants au baccalauréat, à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat. Cette situation a de nombreuses incidences. D’abord, elle oblige les entreprises à envisager leurs projets de recherche en fonction de ce que les étudiants, guidés bien entendu par leurs conseillers en recherche, sont en mesure d’accomplir. De plus, le chercheur principal doit pouvoir recruter, maintenir en poste et gérer ces étudiants dans le cadre de projets qui s’étendent sur plusieurs années, mandat aussi difficile qu’essentiel. En permettant aux étudiants actuels de participer à la recherche de pointe de grandes entreprises, le Canada contribue à renforcer les capacités de la main-d’œuvre de demain.

La question de la propriété intellectuelle, des coûts indirects et des contrats demeure obscure
Les chercheurs interrogés, qu’ils œuvrent en entreprise ou dans le milieu universitaire, disent ne pas comprendre de nombreuses règles régissant les collaborations. C’est ce qu’ils appellent le « brouillard institutionnel ». Pour certains, il s’agit d’un dérangement mineur, mais pour d’autres, ce flou est un obstacle majeur à la collaboration. Une meilleure compréhension de ces règles favoriserait sans doute la collaboration entre les universités et l’industrie et, plus important encore, rendrait ces collaborations plus aisées et plus efficaces.

Mesures possibles

Aider les chercheurs bénéficiant d’un financement public à gérer les étudiants
Les étudiants sont un élément essentiel des collaborations. L’incapacité à sélectionner des étudiants en mesure de produire les résultats souhaités ou à retenir les étudiants qui participent à des projets de plusieurs années peut grandement nuire aux projets de recherche menés en collaboration. Malgré cela, les chercheurs subventionnés par l’État reçoivent peu de soutien dans la sélection et la gestion de cette ressource indispensable. Il serait donc salutaire de mettre à la disposition des professeurs des outils et des ressources utiles pour recruter les étudiants qui non seulement possèdent les compétences techniques requises, mais qui ont aussi à cœur d’exploiter leur plein potentiel dans un environnement de recherche.

Faire des dirigeants les parrains de la collaboration
Les projets qui ne jouissent d’aucun soutien de la part des hautes instances d’une entreprise ou d’un établissement d’enseignement sont menacés quand les difficultés surviennent. Dans les universités, des parrains peuvent être les doyens, les vice-recteurs ou, si l’ampleur du projet le justifie, le doyen lui-même. Dans les entreprises, les directeurs généraux, les vice-présidents, les présidents et les chefs de la direction peuvent remplir ce rôle. S’ils comprennent clairement le projet et ses objectifs, ils seront en mesure de lui accorder la priorité et le soutien nécessaire à son succès. Les parrains peuvent vaincre les obstacles bureaucratiques et organisationnels et les autres formes de résistance. Pour qu’un projet devienne prioritaire, tous doivent être mis au courant de sa progression et de son importance.

Clarifier les règles et les règlements des universités
De nombreux collaborateurs œuvrant en industrie et dans le milieu universitaire se disent déroutés par la complexité des règles actuelles en matière de gestion de la propriété intellectuelle, de brevets et de coûts indirects. Il serait nécessaire d’améliorer la clarté des règles dans ces domaines ainsi que de faciliter les échanges entre l’industrie et le milieu de la recherche universitaire. Des initiatives telles que la table ronde sur la valorisation de la recherche s’intéressent déjà à la question et sont en mesure de fournir un point de vue éclairé à son sujet.

Offrir des avantages fiscaux aux entreprises qui collaborent avec des chercheurs universitaires
En plus de verser des fonds de contrepartie, le gouvernement fédéral pourrait offrir des crédits d’impôt aux entreprises qui investissent dans des projets de recherche menés en collaboration avec des universités. Les incitatifs pourraient varier selon l’ampleur de l’investissement (pour stimuler le financement de la recherche-développement par le secteur privé) ou le nombre d’années consécutives de collaboration (pour consolider les relations).

Brian M. Guthrie est le directeur exécutif — réseaux, innovation et gestion des connaissances, du Conference Board du Canada.

Les idées et les points de vue exprimés dans cette chronique ne sont pas nécessairement ceux de la Fondation canadienne pour l’innovation, de son conseil d’administration ni de ses membres.