Canola cash-in

Un homme agenouillé dans un champ de fleurs de canola d’un jaune vif tient quelques tiges entre les doigts. Il fait beau et le ciel est bleu.

Le canola passe à la caisse

Robert Duncan de l’Université du Manitoba augmente la valeur du canola et du colza ce qui pourrait rapporter gros
20 janvier 2015

Robert Duncan combine la science des molécules et les connaissances acquises sur le terrain pour créer de nouvelles variétés de canola et de colza à teneur élevée en huile et en protéines, pour en accroître considérablement la valeur.

« L’huile est le principal produit tiré de ces cultures », explique M. Duncan, professeur adjoint et phytogénéticien à l’Université du Manitoba. « Pour plusieurs, la farine est un sous-produit. » Par des méthodes traditionnelles de sélection et de croisement, il veut augmenter le rendement en huile d’environ 2,5 pour cent et, par la même occasion, accroître la teneur en protéines de la farine résiduelle obtenue après extraction de l’huile des graines moulues, ce qui hausserait sa valeur et transformerait ce sous-produit souvent négligé en une précieuse source d’alimentation du bétail. Les entreprises de semences, les agriculteurs et les collectivités rurales du secteur canadien du canola – évalué à 19,3 milliards de dollars par année – tireraient profit de cette avancée. « Augmenter la valeur de la farine et améliorer le rendement en huile permettrait à cette industrie de connaître un important essor économique », affirme M. Duncan.

Âgé de 35 ans, ce chercheur canadien multidisciplinaire de renom a grandi dans les environs de Miami, au Manitoba, sur une ferme consacrée à la culture des graines oléagineuses et des céréales. Ses travaux portent sur l’agronomie, la phytopathologie, la sélection végétale et la phytogénétique. Il est titulaire d’un doctorat de la University of California, à Davis. Professeur adjoint à la Texas A & M University en 2009, il est considéré comme le spécialiste des petites céréales et des graines oléagineuses de l’État du Texas. Il a travaillé sur le programme d’amélioration du blé axé sur la recherche appliquée. Il en a présenté les résultats aux agriculteurs. « Nous avons passé beaucoup de temps dans les champs, ajoute-t-il. Pour un scientifique, il n’existe pas de joie ni de satisfaction plus grande que de voir pousser ses variétés de plantes dans un champ et d’entendre les agriculteurs en vanter les mérites. » En 2012, M. Duncan retourne à son alma mater, l’Université du Manitoba, où il partage son temps entre les salles de classe, les laboratoires, les serres et les terres agricoles.

Une nouvelle contribution du Fonds des leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) lui permettra d’acquérir un épandeur pour ensemencer de petites parcelles de terre et des rangs de pépinières. L’épandeur sera doté d’un GPS et d’un déclencheur automatique programmable afin que les graines s’écoulent à des endroits précis, ce qui assure un ensemencement plus efficace et l’obtention de plants de taille appropriée. M. Duncan se procurera aussi deux autres machines, dont l’une pour mesurer la teneur en huile, en protéines, en acides aminés et en chlorophylle des graines naturelles. « Cet appareil nous permet d’analyser les graines naturelles sans les détruire; il est donc possible de les semer par la suite. »

Par ailleurs, le chercheur utilise des techniques de la génomique pour cerner les marqueurs moléculaires associés à certaines caractéristiques souhaitables, comme une teneur élevée en huile, dans l’ADN des diverses variétés de canola et de colza. Et grâce à la nouvelle contribution de la FCI, le chercheur achètera une troisième machine essentielle à ses recherches : un thermocycleur. Ces travaux, qui consistent à sélectionner des caractéristiques particulières, se traduiront, en fin de compte, par la création de nouvelles variétés que les agriculteurs pourront obtenir dans cinq à dix ans, selon les estimations du chercheur.

À l’instar de la plupart des sciences agronomiques, il faut souvent travailler sur le terrain, loin du confort relativement douillet des laboratoires, avance M. Duncan. « Les travaux en biologie moléculaire et en génomique reçoivent souvent du financement, ce qui attire beaucoup les étudiants, ajoute-t-il. Mais les résultats de ces recherches sont peu utiles dans l’impossibilité de dégager une corrélation au moyen de caractéristiques observables. Il ne faut pas non plus avoir peur d’enfiler ses bottes et de se salir les mains pour sélectionner les meilleures lignées d’hybrides. Cette compétence ne s’acquiert que dans les champs. »

Établie à Saskatoon Ouest, dee Hobsbawn-Smith est poète et rédactrice-pigiste.