More than just a cardboard box

Un homme se tient dans un atelier, le bras posé sur un jouet en carton peint. D’autres jouets en carton sont étalés autour de lui, et un assortiment d’outils est accroché au mur du fond.

La boîte en carton prend du galon

Des chercheurs utilisent cette matière bon marché et légère pour aider des parents à concevoir du matériel personnalisé adapté aux besoins spéciaux de leur enfant
14 juillet 2015

Quel parent n’a pas remarqué l’irrésistible attraction du carton sur leur enfant devant la joie qu’il manifeste lorsqu’il se coiffe de la boîte qui contenait le cadeau coûteux qu’il vient de mettre de côté! Il n’est donc pas surprenant que cette matière robuste, produit du papier, se soit retrouvée entre les mains de chercheurs qui s’en servent pour construire des jouets abordables et accessibles et des objets adaptés aux enfants handicapés.

Jason Nolan, directeur du laboratoire Experiential Design and Gaming Environments (EDGE) à la Ryerson University et son équipe d’étudiants collaborent avec des parents et des aidants au laboratoire Adaptive Design Studio afin de leur apprendre à concevoir et à réaliser leur propre matériel personnalisé, adapté aux besoins des enfants. Le carton est la matière idéale. Il est aisément accessible, abordable, léger, sécuritaire, facile à manipuler et suffisamment robuste pour transformer des chaises hautes et des sièges de sol et d’auto, pour ne nommer que ces quelques adaptations.

Il s’agit là d’une activité importante et stimulante; elle pousse les parents et les aidants à faire preuve d’innovation et d’ingéniosité et fait en sorte que les enfants participent plus activement au monde qui les entoure, avec moins de restrictions. M. Nolan raconte que la fille d’une cliente ne pouvait se lever pour jouer sans que sa mère s’assoie derrière elle. Lui et son équipe ont aidé la mère à réaliser un siège personnalisé pour que la fillette puisse se lever et jouer facilement au sol permettant ainsi à la mère de faire face à son enfant pour partager ses jeux et de se déplacer dans la maison sans devoir allonger sa fille sur le sol.

L’environnement expérimental du laboratoire va bien au-delà des adaptations au moyen du carton. Il a amené quelques-uns des étudiants diplômés de M. Nolan à mettre à profit ce qu’ils avaient appris pour combler d’autres besoins. Sherene Ng a conçu et développé une chaussure qui évite aux malvoyants de trébucher et de tomber. La chaussure détecte les corps étrangers sur le sol à l’aide de capteurs dont les vibrations alertent le porteur. Mme Ng a par la suite décroché une subvention pour commercialiser son produit, en plus de démarrer une entreprise en mars 2013, l’Adaptative Designers, avec sa collègue et ancienne élève du laboratoire EDGE, Rubina Quadri.

Quant à Mme Quadri, elle a mis au point un appareil portable destiné aux enfants autistes de 4 à 6 ans ayant de la difficulté à parler ou à se faire comprendre. Après avoir travaillé avec de jeunes autistes au laboratoire EDGE en utilisant des tablettes électroniques, elle a eu l’idée de se servir de ce type d’appareil pour les aider à communiquer plus clairement. Dans un article paru sur le site de la Ryerson University, elle indique que le simple fait de demander d’aller aux toilettes peut être mal interprété; elle a donc développé des boutons parlants afin de régler ce problème commun chez les enfants autistes. Il s’agit d’un appareil personnalisable suffisamment petit pour être cousu dans la poche d’une chemise. Le porteur choisit et pousse un bouton et un clip audio préenregistré d’un seul ou de plusieurs mots (jusqu’à 20 secondes) se fait entendre. La voix peut être enregistrée par n’importe qui – parent ou personnage de film – dans n’importe quelle langue.

Les travaux effectués au laboratoire EDGE soulignent l’importance du design. Une chaise haute est un objet somme toute ordinaire, mais quand il aide un enfant à établir un contact visuel avec sa famille et à interagir lors des repas, elle devient beaucoup plus qu’une simple chaise.