Smart move

Bien joué

16 septembre 2009

La récession mondiale frappe durement les industries canadiennes et surtout la foresterie. Les mises à pied sont draconiennes dans ce secteur qui représente 2 % du PIB et emploie 300 000 personnes, soit plus du double des effectifs de l’industrie automobile.

Les spécialistes de l’industrie estiment que, pour endiguer l’hémorragie et créer des emplois au pays, il faut délaisser l’expédition de bois d’oeuvre brut au profit de la fabrication de produits de qualité supérieure et écologiques.

Pour y arriver, il faudra des idées innovatrices – comme celles que Philip Evans a emportées avec lui au Canada.

Dans les années 1990, ce Londonien d’origine cumulait avec succès des fonctions de professeur et de directeur au Centre for Science and Engineering of Materials de l’Université nationale d’Australie, à Canberra. Mais en 2000, les effets du sous-investissement chronique dans les universités se sont fait sentir.

Considéré comme une sommité mondiale dans la science du bois, il a été approché par l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) pour diriger son Centre for Advanced Wood Processing. Le prix des maisons à Vancouver et l’incertitude quant aux possibilités d’emploi pour sa femme Katrina le faisaient hésiter. Lorsque la UBC lui a offert de participer aux frais de scolarité de ses trois enfants et d’aider sa conjointe à trouver un emploi (elle est maintenant directrice des relations avec les entreprises et les fondations à la UBC), il s’est montré plus enthousiaste. Les éléments déclencheurs?

Le programme des Chaires de recherche du Canada et la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), qui l’ont convaincu de la ferme intention du Canada d’investir dans l’éducation supérieure.

Arrivé à Vancouver en 2001, Evans a dirigé le Centre jusqu’en 2007. Il est aujourd’hui titulaire de la Leadership Chair in Advanced Forest Products Manufacturing Technology, fondée par le gouvernement de la Colombie-Britannique et un consortium d’entreprises du secteur privé. « Le financement de la FCI [et un financement équivalent du British Columbia Knowledge Development Fund] a joué pour beaucoup dans ma décision de m’établir ici », indique-t-il.

Ce financement lui a permis de se procurer des appareils d’imagerie mesurant avec précision la topographie de surface du bois et de développer de nouvelles méthodes de réduction du gonflement, talon d’Achille des produits forestiers, précise-t-il. Grâce à ses recherches, une entreprise canadienne a lancé un nouveau panneau de bois d’ingénierie plus durable, concurrençant les produits américains.

Et il semble bien que Philip Evans, à qui on a récemment offert une charge de doyen en Australie et aux États-Unis, soit ici pour rester. Son poste actuel, dit-il, lui offre des possibilités intéressantes de R-D et un financement additionnel de la FCI lui permettra de faire l’acquisition de nouvel équipement pour l’analyse de matériel de surface. « Maintenant que mon laboratoire est fonctionnel et que mes recherches ont des retombées concrètes dans l’industrie, il m’est difficile de partir. »