Beautiful on the inside

La beauté est à l’intérieur

Un premier laboratoire unique au Canada étudie les mouvements du corps ‒ à l’intérieur et à l’extérieur
27 janvier 2014

Pour capter un corps en mouvement de tous les angles, il semble logique d’orienter le plus grand nombre d’appareils photo possible dans sa direction. C’est ce que fait le Wolf Orthopaedic Biomechanics Laboratory (WOBL) de la Western University où douze appareils placés en des endroits stratégiques aident les chercheurs à soulager les patients qui souffrent, entre autres, de problèmes aux genoux ou d’une blessure sportive.

Toutefois, le directeur du laboratoire, Tom Jenkyn, n’était pas satisfait des résultats obtenus uniquement avec des images en trois dimensions. Il souhaitait voir ce qui se passait à l’intérieur du corps. En 2005, trois ans après la mise en service du WOBL, la Western University a donc ouvert le Wolf Orthopaedic Quantitative Imaging Laboratory (WOQIL), l’un des rares laboratoires au monde (et le premier au pays) en mesure de produire de telles images.


Des chercheurs du Wolf Orthopaedic Quantitative
Imaging Laboratory (WOQIL) de la Western University
utilisent des rayons-x pour voir ce qui se passe
dans la cheville et le pied lorsque le patient avance
d’un pas.
Mention de source : WOQIL

Le WOQIL est doté de six appareils photonumériques qui photographient les mouvements du corps de l’extérieur et de deux appareils d’analyse radiostéréométrique et d’examen fluoroscopique en 3D qui passent simultanément aux rayons x ce qui se produit à l’intérieur. Les données ainsi recueillies aideront M. Jenkyn et son équipe à mieux comprendre la biomécanique engendrée par la déchirure des muscles rotateurs de l’épaule, la compression de la colonne vertébrale, les pieds plats et les orthèses.

À titre d’exemple, en cas de problème à un pied, on dirige les appareils d’analyse radiostéréométrique vers un endroit précis du pied alors que les appareils photo numériques balayent le reste du corps. Comme au WOBL, on installe d’abord des capteurs sur diverses parties du corps du patient. Lorsque ce dernier se promène dans la pièce, les appareils photo captent la lumière qui réfléchit sur les capteurs, ce qui enregistre les mouvements du patient et, en bout de ligne, révèle comment le mouvement déclenche la douleur au pied. Ces images, qui intègrent les données recueillies au moyen des rayons x, sont transformées en formes triangulaires afin de produire des images tridimensionnelles d’une exactitude phénoménale capables de montrer des détails aussi petits que de l’ordre de 0,05 millimètre, affirme M. Jenkyn.

Et si l’information rendue disponible par cette technologie est phénoménale, il en est de même du dévouement nécessaire pour traiter ces données, soit quatre heures par minute. « Un groupe de chercheurs se réunit tous les ans à l’occasion d’une conférence pour échanger des idées sur la façon d’accélérer ce processus, explique M. Jenkyn. Cependant, personne n’a encore trouvé le moyen d’y arriver. Mes étudiants diplômés ont tendance à le leur reprocher. »

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