Not just the facts

Une plaque de pierre brun-rougeâtre posée dans un mur de briques porte l’inscription « Canada 1916 ».

Au-delà des faits

Le Centre for the Study of Historical Consciousness de la University of British Columbia a aidé à revoir la manière d’enseigner l’histoire dans les classes d’un bout à l’autre du pays
25 août 2015

Qu’est-ce qui compte le plus pour un élève : se rappeler les dates des grandes batailles de la Première Guerre mondiale ou débattre de l’origine et des conséquences de la guerre? Est-il plus important de savoir que la bataille de la crête de Vimy a eu lieu en avril 1917 ou d’être en mesure de discuter du rôle de ce moment déterminant dans l’établissement de l’identité nationale canadienne et de son influence sur l’indépendance du Canada jusqu’alors à l’ombre de l’Angleterre?

Jusqu’à récemment, le programme provincial se concentrait sur les faits et les dates que les élèves devaient connaître à chaque niveau. Les révisions du programme qui ont mis l’accent sur la pensée critique et l’analyse dans l’enseignement de la langue maternelle, des mathématiques et des sciences au cours des 30 dernières années tardent toutefois à intégrer les cours d’histoire.

Or, cela doit changer, selon Peter Seixas, professeur au département d’éducation de la University of British Columbia.

« L’information constituait auparavant le cœur du programme d’histoire, mais il est maintenant possible de l’obtenir en un rien de temps – il suffit d’aller sur des sites comme Wikipédia ou Google, affirme M. Seixas. Tant que nous enseignions des faits et testions quelques connaissances, cette méthode était justifiée, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. »
 

Peter Seixas, directeur du Centre for the Study of Historical Consciousness de la University of British Columbia, explique le rôle des concepts de la pensée historique en salle de classe. (Cette vidéo est disponible uniquement en anglais.)

Au Centre for the Study of Historical Consciousness, Peter Seixas et ses collègues étudient les compétences et les connaissances qui vont au-delà des faits historiques et constituent le fondement de l’enseignement de l’histoire. Dans Historical Thinking Project, qui s’est tenu de 2006 à mars 2014, ils ont cerné six concepts, notamment l’importance d’accorder une valeur historique aux événements et l’analyse des causes et des conséquences, afin d’aider les élèves à mieux comprendre les notions historiques. Depuis, ce cadre d’enseignement de l’histoire a servi à la révision des programmes provinciaux en Ontario et en Colombie-Britannique, et inspiré de nouveaux cours d’histoire donnés en Saskatchewan, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador. Cette nouvelle méthode incite les élèves à se pencher sur notre compréhension individuelle et collective du passé, à étudier la signification des événements historiques et à débattre de leur importance.

« Il s’agit de présenter des problématiques au lieu de donner des solutions, explique M. Seixas. L’objectif est de permettre aux élèves de prendre part à un débat public, ce qui monte la barre d’un cran. »

Cet article a été publié à l’origine sur innovation.ca en août 2014.