Flood watcher

Des eaux brunes inondent un stationnement, immergeant en partie deux automobiles.

Attention aux inondations

Un observatoire en amont de la rivière Bow, en Alberta, pour améliorer les annonces de crue
23 juin 2015
Un homme creuse un trou dans la neige. Une chaine de montagnes s’étend au loin, en arrière- plan.
John Pomeroy creuse un trou pour y
déposer une jauge des précipitations
solides, faisant partie d’un
accumulateur de neige automatisé
et d’une station hivernale, au
cœur des Rocheuses, au-dessus le
lac Helen, dans le Parc national
de Banff Octobre 2013.
Mention de source: Tim Link,
University of Idaho

La terrible inondation survenue à Calgary et au sud de l’Alberta en
juin 2013 en a surpris plus d’un. Alors que les spécialistes des prévisions météorologiques avaient annoncé de fortes précipitations, peu de gens s’attendait à ce que celles-ci laissent sur leur passage des dégâts de cette ampleur.

Le peu de mesures détaillées concernant les chutes de pluie et de neige, l’évaporation, l’épaisseur du manteau neigeux, la fonte des neiges et des glaciers, la poudrerie et l’écoulement fluvial en haute altitude dans les Rocheuses expliquerait en partie pourquoi ce déluge a pris les habitants au dépourvu. Les scientifiques utilisent ces données dans des modèles hydrologiques perfectionnés pour estimer la capacité des sols à retenir l’eau, l’écoulement fluvial et les risques d’inondation. Toutefois, lorsque ces données sont insuffisantes ou inexactes, les modèles s’avèrent moins fiables.

John Pomeroy, hydrologue et titulaire d’une chaire de recherche du Canada en ressources d’eau et en changement climatique à la University of Saskatchewan, cherche à renverser la vapeur. En effet, il en est à mettre sur pied le Canadian Rockies Hydrological Observatory (CRHO), un réseau composé de 30 stations météorologiques et de jauges du débit d’eau, afin de recueillir des données hydrométéorologiques essentielles dans les Rocheuses, au nord de Banff, ainsi que dans les premiers chaînons de la vallée de Kananaskis. Le CRHO est situé en amont du bassin de la rivière Bow, une importante source d’eau pour les collectivités et l’irrigation qui couvre une grande partie du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. Or, cette région est reconnue comme étant propice aux inondations. Les changements climatiques ne devraient pas améliorer la situation, bien au contraire.

Une station météorologique formée d’étroites antennes semble minuscule par rapport aux montagnes enneigées en arrière-plan.
Une des stations hivernales du
Canadian Rockies Hydrological
Observatory monte la garde au
Fortress Mountain Snow Laboratory,
dans le comté de Kananaskis,
en Alberta.
Mention de source : John Pomeroy,
University of Saskatchewan

Les mesures recueillies par le CRHO seront affichées en temps réel sur un site Web spécialisé afin que les gouvernements et divers organismes puissent utiliser cette information pour améliorer les annonces de crue et bien gérer les réserves d’eau de la région.

« Le CRHO comprendra quelques centres de collecte qui recueilleront une grande quantité d’observations consignées par les stations. En rassemblant ces données, nous pourrons faire des prévisions hydrologiques plus justes, explique M. Pomeroy, et même évaluer la fiabilité de nos modèles de prévision actuels et en concevoir de nouveaux, encore meilleurs. Cela pourrait aussi inciter les gouvernements à améliorer les réseaux d’observation de la neige, des glaciers, de l’eau et des prévisions météorologiques afin de couvrir une plus grande partie des Rocheuses. »

Pour en savoir sur notre rapport détaillé sur l’eau douce.

Cet article a été publié à l’origine en juin 2014



 

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