Getting to the root of HIV

Attaquer le VIH à la racine

Des recherches menées dans un laboratoire sécurisé de l'Université de l'Alberta permettent de mettre au jour les complexités du VIH et d'autres affections
3 décembre 2010

Tous les jours, Chris Power, neurologue à l’Université de l’Alberta à Edmonton, prend l’ascenseur dans le hall du Heritage Medical Research Centre puis, arrivé au sixième étage, emprunte le corridor qui conduit à un local d’apparence banale qui abrite néanmoins un laboratoire de niveau 3 de biosécurité de calibre mondial. Les seules personnes autorisées à pénétrer dans ce labo compact de 37 mètres carrés sont détentrices d’une carte d’identité spéciale et sont formées à manipuler des matières dangereuses et à travailler avec ces produits. Dans le cas de Chris Power, il s’agit du virus de l'immunodéficience humaine, qui peut causer le sida, et du virus de l’hépatite C.

« Nous cultivons le VIH, le virus du Nil occidental et le virus de l’hépatite C, des micro-organismes très difficiles à recréer, indique Chris Power. Ces maladies nous servent de modèles pour déterminer comment les virus et le système immunitaire interagissent. En comprenant mieux le fonctionnement du système immunitaire, nous pourrons améliorer les traitements de ces maladies et de diverses autres affections. »

Chris Power et son équipe ont produit un large éventail de nouvelles connaissances sur la dynamique complexe et énigmatique qui existe entre les virus et les fonctions cérébrales. Ils évaluent l’efficacité de certaines petites molécules qui pourraient éventuellement devenir des traitements médicamenteux contre le VIH et la sclérose en plaques.

On estime à environ 65 millions le nombre de personnes qui ont été infectées par le VIH depuis que ce virus a été détecté au début des années 1980. À l’heure actuelle, près de un million de Nord-Américains sont infectés, dont 60 000 au Canada. Les recherches menées dans le laboratoire de Chris Power aident les scientifiques à mieux comprendre ce qui se produit à l’échelle moléculaire chez ces patients.

Ainsi, l’équipe de recherche a récemment établi une corrélation claire entre l’infection au VIH et un risque élevé de maladie cérébrale. Selon les estimations, plus de 40 % des sidéens seront atteints d’un trouble neurologique tel que la perte de mémoire, les tremblements ou les douleurs chroniques lorsque le virus s’attaquera à leur système nerveux et, finalement, à leur cerveau. Des scientifiques comme Chris Power espèrent que les connaissances amassées dans le cadre de l’étude d’une maladie en particulier pourront un jour s’appliquer à d’autres pathologies comme aux maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

« Il existe une interaction complexe entre les agents infectieux et le cerveau, ajoute le chercheur. Quand une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer contracte une infection comme un rhume ou une infection urinaire, sa démence s’aggrave considérablement. »

Pour mener à bien les recherches de pointe en cours dans ce laboratoire, Chris  Power et son équipe ont conçu des dispositifs particuliers qui ne sont pas encore disponibles auprès des fabricants. « Nous avons mis au point des installations uniques au monde, précise-t-il, et j’en suis très fier. Nos outils d’exploration sont résolument à l’avant-garde. »

Et ces outils permettent à Chris Power d’aborder de front les défis de recherche qui se présentent à lui. « Nous sommes en mesure d’enregistrer des signaux électriques à partir de cellules cérébrales cultivées qui ont été infectées par différents virus. Il est étonnant de voir comment nous pouvons répondre ainsi à des questions vraiment fondamentales sur la façon dont un virus attaque les cellules. »

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