Hearing aid

Aide auditive

Dans leur quête visant à aider les personnes âgées à s'adapter à une perte auditive, des chercheurs de l'Université de Western Ontario sont tout ouïe
1 février 2004

Dans ce monde de plus en plus bruyant, la perte auditive est un problème de santé majeur pour les aînés, ce groupe de la population canadienne qui connaît la croissance la plus rapide.

« Avec l’âge, la perte auditive est permanente et ne peut être corrigée par des chirurgies ou d’autres méthodes », explique le Dr Donald Jamieson, directeur au National Centre for Audiology (NCA), un établissement de recherche de renommée internationale situé à l’Université de Western Ontario (UWO), à London, en Ontario, et professeur d’audiologie.

Pour affronter ce problème de santé, les chercheurs du NCA s’emploient à examiner les enjeux technologiques et sociétaux qui se rattachent à la presbyacousie, une perte auditive liée à l’âge. Malgré la dure réalité qu’impliquent la plupart des cas de perte auditive, on constate déjà d’impressionnants progrès qui pourraient éventuellement améliorer la vie de bien des gens. Ces développements sont le résultat d’aides auditives qui imitent davantage l’oreille humaine et d’efforts déployés pour cerner les préoccupations environnementales et les mécanismes d’adaptation. Toutes ces démarches ont pour but d’aider les aînés à entendre ce qu’ils doivent entendre dans un monde de plus en plus pollué par le bruit.

La Dre Margaret Cheesman, professeure agrégée, fait partie des chercheurs de pointe en matière de perte auditive et de vieillissement du NCA. Elle a constaté que la perte auditive, particulièrement pour ce qui est des sons aigus, est plus courante qu’on le pensait. En effet, 90 pour cent des personnes âgées en souffriraient. Selon elle, quand les gens n’entendent plus les sons aigus, les voix deviennent plus sourdes. Aucun remède miracle n’existe. En augmentant le volume de la télévision, par exemple, les sons deviennent encore plus étouffés.

La Dre Cheesman affirme que d’autres facteurs font partie du problème. Les aînés ont tendance à être passifs et à ne pas se plaindre, leur discours est moins articulé lorsqu’ils parlent de technologie et il arrive souvent que les professionnels de la santé des établissements de soins de longue durée les ignorent en raison de leur lourde charge de travail. Il y a aussi des facteurs sociaux. « On sous-estime beaucoup les répercussions sociales de la perte auditive, explique-t-elle. Certaines personnes éviteront simplement les milieux bruyants et ne participeront pas à différentes activités. » Selon la Dre Cheesman, il existe de nombreuses façons pour les personnes âgées ayant une déficience auditive et pour leur entourage de créer un milieu favorisant une meilleure audition.

Le Dr Vijay Parsa dirige une équipe de chercheurs qui travaille à combler l’écart entre les techniques actuelles de mise à l’essai et les problèmes réels que vivent les utilisateurs. L’équipe travaille dans une chambre anéchoïque faisant partie des installations du NCA financées par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). « Les tests [d’aujourd’hui] consistent en des vérifications rudimentaires servant à déterminer si une aide auditive fonctionne, explique le Dr Parsa. Nous tentons de mettre au point des tests avancés qui serviraient à montrer à l’audiologiste comment fonctionne vraiment l’appareil auditif — ce qui a plein de bon sens du point de vue de la personne malentendante. »

L’équipe crée une série de bases de données à partir des signaux naturels de la parole. Elle corrompt ensuite ces signaux en y ajoutant d’autres bruits, comme ceux d’une foule, des échos, des sons continus, des bruits industriels et de circulation routière. Le traitement des bases de données se fait au moyen de différents algorithmes de réduction du bruit, et on demande aux personnes malentendantes d’écouter les signaux pour déterminer leur amélioration ou leur détérioration. « Ce n’est là qu’un échantillon de ce à quoi elles doivent faire face dans la vraie vie. À l’échelle mondiale, il s’agit des développements les plus avancés du domaine », affirme le Dr Parsa. Certains documents ont été publiés sur le sujet, et le Dr Parsa croit fermement que ce travail entraînera l’établissement de nouvelles normes d’essai nationales, internationales et industrielles.

Retombées

Avant que L'UWO décide d’ouvrir un établissement de recherche en audiologie en 1988, aucun effort concerté n’avait été fait au Canada pour étudier la perte auditive et les maladies s’y rattachant.

Au cours de la décennie qui a suivi, le NCA a mené ses activités à partir de plusieurs sites à London, en Ontario. En 1998, une subvention d’infrastructure de 1,2 million de dollars octroyée par la FCI a ouvert la voie à la mise sur pied du NCA, un établissement d’envergure mondiale. Celui-ci compte actuellement huit chercheurs à temps plein et espère porter ce nombre à 12 au cours des deux prochaines années. « La FCI nous a beaucoup aidés à obtenir l’attention internationale voulue et à faire de nous un centre national, explique le Dr Richard Seewald, chercheur fondateur du NCA. Nous n’y serions pas parvenus sans l’appui de la FCI. »

Le Dr Seewald — qui dirige la mise au point du logiciel d’aide auditive Desired Sensation Level (DSL), dont on vante grandement les mérites, et qui a obtenu l’an dernier une chaire de recherche du Canada sur l’audition chez l’enfant — affirme que le prix et la subvention de la FCI ont fait connaître le Canada comme chef de file en recherche dans le domaine de l’audiologie.

Le Dr Donald Jamieson, directeur du NCA, soutient que le personnel du Centre est responsable du programme d’études supérieures qui forme la majorité des audiologistes du pays, soit environ 15 par année.

Partenaires

La subvention de 1,2 million de dollars octroyée à l’UWO pour le NCA constitue un important point tournant. Elle a aidé tant l’UWO que le Canada à devenir des chefs de file dans la recherche en audiologie.

Le Dr Vijay Parsa affirme qu’il ne pourrait tout simplement pas effectuer ses travaux sans l’investissement d’infrastructure de la FCI. « Ces capitaux nous ont servi d’argument de vente. Nous disposons de ces merveilleuses installations de taille et nous devons maintenant trouver les gens pour les gérer et mener les projets à bien. »

Au cours des dernières années, l’appui de la FCI a servi de levier à l’UWO et au NCA pour obtenir un financement substantiel du secteur privé. Plus récemment, l’Oticon Foundation (un actionnaire majoritaire du fabricant danois d’aides auditives Oticon) a mis sur pied la chaire de recherche quinquennale Oticon : ainsi, 700 000 $ servent à financer le travail du Dr Vijay Parsa, d’une équipe de deux étudiants diplômés et d’un chercheur universitaire.

En combinant le financement accordé par la FCI, par le Fonds ontarien pour l’innovation et par les dons d’entreprises, plus de 4 millions de dollars ont été amassés pour aider le NCA à doter ses laboratoires de l’équipement requis et à effectuer de la recherche. Parmi les collaborateurs à diverses initiatives et divers domaines de spécialisation, mentionnons :

Siemens Hearing Instruments — Child Amplification Laboratory, un centre de recherche sur l’audition, un programme d’extension des services éducationnels et une salle de travail.

Starkey Canada — Laboratoire d’enseignement des systèmes d’amplification.

Beltone Electronics — Fonds additionnels pour la chambre anéchoïque.

Phonak Hearing Systems (Suisse) — Bourse de recherche pour audiologistes et série de symposiums en audiologie pédiatrique.

dspfactory — Laboratoire de traitement des signaux numériques.

Argosy Hearing Solutions (É.-U.) — Soutien à un associé en recherche sur le traitement des signaux.

Widex Canada — Laboratoire de rééducation auditive. 

Pour en savoir plus:

Vous trouverez de plus amples renseignements sur le NCA, ses programmes et ses employés au:
www.uwo.ca/nca (Site anlgophone)

Il existe de nombreux organismes pouvant venir en aide aux Canadiens et aux Canadiennes aux prises avec une perte auditive.

Société canadienne de l’ouïe
http://www.chs.ca (site anglophone)

Association des malentendants canadiens
http://www.chha.ca/amec/

Self Help for Hard of Hearing People
http://www.hearingloss.org (Site anglophone)

La Fondation canadienne de l’ouïe
http://www.fondationdelouie.ca/default.aspx  

La Deafness Research Foundation aux É.-U. est le plus important établissement de soutien et de recherche sur l’audition en Amérique du Nord
www.drf.org (Site anglophone)

Pour consulter le cybermagazine de la fondation, rendez-vous au
www.hearinghealthmag.com (Site anglophone)