La recherche et développement financée par des fonds publics stimule l’économie canadienne

14 novembre 2012

Ce n’était pas un partenariat qui allait de soi. Mais lorsque Bombardier inc., établie à Montréal, a fait équipe avec des chercheurs d’un laboratoire de musique de l’Université McGill, il en a résulté une carlingue plus silencieuse pour la nouvelle ligne d’avions à réaction luxueux.

Grâce à un système de microphones très sensibles et de matériel informatique et de logiciels de pointe, les chercheurs du laboratoire ont pu simuler l’expérience acoustique réellement vécue par un passager d’un avion à réaction et appliquer leurs connaissances pour réduire l’impact sonore au maximum.

À titre de chef de file de l’industrie aérospatiale canadienne – une industrie qui compte quelque 85 000 employés et qui a généré des revenus de 22,4 milliards de dollars en 2011 – Bombardier prévoit intégrer les résultats de la recherche menée à l’Université McGill à sa stratégie commerciale du nouvel aéronef. Bombardier est l’une des nombreuses entreprises à se tourner vers les universités et les collèges canadiens en vue de créer un modèle d’affaires axé sur la recherche qui améliore les produits et les procédés.

Plus que jamais, les dirigeants prennent conscience qu’ils doivent investir dans la recherche et développement pour demeurer concurrentiels à l’échelle mondiale et maintenir un bénéfice net positif. Et cela signifie de plus en plus faire appel aux établissements d’enseignement postsecondaires. Les entreprises de tout le spectre économique nouent des partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur afin de mener des travaux de recherche et développement qui les aideront à innover et à s’adapter aux demandes d’un monde planétaire. Et cela concerne même les industries les plus traditionnelles.

Le secteur forestier, à titre d’exemple, a reconnu la nécessité d’innover et de s’adapter à la suite de la récession mondiale, de l’effondrement du marché de l’habitation américain et de la hausse du dollar canadien qui ont entraîné des pertes d’emplois et de revenus considérables. Depuis 2007, ce secteur a accru ses investissements dans les produits de pâte et papier à valeur ajoutée ainsi que dans la transformation du bois. De nouveaux produits novateurs comme la nanocellulose, qui peut être employée en tant qu’adjuvant dans les produits pharmaceutiques et cosmétiques, permettent à l’industrie de tirer pleinement parti des résidus de bois et de mettre en œuvre des procédés plus écologiques.

L’industrie minière ne fait pas exception. Reconnues sur la scène internationale comme l’un des plus grands producteurs de près de 60 métaux et minéraux, les entreprises minières cherchent des moyens d’accroître leur efficience et leur viabilité. Les universités et les collèges les aident à cet égard en concevant des laboratoires d’analyse minérale qui peuvent être transportés dans des sites d’exploration reculés, en construisant des véhicules à faible taux d’émission utilisés dans les profondeurs des mines et en créant des modèles informatiques qui permettent d’effectuer une meilleure évaluation des risques encourus.

Les chercheurs canadiens tissent également des liens avec des entreprises des secteurs du pétrole et du gaz naturel, des communications et de l’agriculture. Ces relations sont rendues possibles grâce à la capacité de recherche des établissements d’enseignement supérieur – les personnes compétentes et l’équipement nécessaire – qui permet de soutenir la recherche axée sur l’industrie.

Conscient que la recherche et l’innovation sont essentielles pour assurer un avenir économique prospère, le gouvernement du Canada a investi des fonds publics de manière stratégique afin de créer un écosystème de recherche dynamique au pays. Le financement des organismes fédéraux de financement de la recherche, des centres d’excellence, des programmes de bourses et des organismes tels que la Fondation canadienne pour l’innovation, a permis aux universités et aux collèges canadiens de se doter des laboratoires, de l’équipement et des installations nécessaires pour attirer de nouveaux talents, former la prochaine génération d’innovateurs et susciter l’intérêt des instituts de recherche et des entreprises du monde entier.

Les investissements fédéraux en vue de renforcer la capacité de recherche des universités et des collèges du Canada entraînent des retombées et aident le milieu des affaires et l’économie nationale à se consolider et à s’adapter. Or, il reste encore beaucoup à faire. Des investissements durables à long terme doivent être consentis pour renforcer le système d’innovation canadien et faire en sorte que le pays demeure concurrentiel et prospère.

Or, l’opinion publique donne raison au gouvernement fédéral. En effet, un sondage réalisé par Nanos l’année dernière indique que trois Canadiens sur quatre sont d’avis que la recherche et développement joue un rôle important dans la prospérité du Canada. De plus, huit Canadiens sur dix sont en faveur des programmes de recherche financés par le gouvernement comme les chaires de recherche du Canada et divers investissements dans les universités.

En continuant à investir dans la recherche et l’innovation, le gouvernement du Canada compte sur des esprits brillants pour faire des découvertes qui aident le secteur privé à parer à toute éventualité et donner lieu à des avancées au profit de tous les Canadiens. À mon avis, il mise ainsi sur une valeur sûre.

Gilles Patry est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation, la seule organisation qui finance l’infrastructure de recherche de pointe au pays.​