L’infrastructure de recherche : un sujet qui mérite notre attention

5 juin 2015

Le troisième investissement en importance du récent budget fédéral – un financement de 1,33 milliard de dollars – est destiné à l’infrastructure de recherche. Or, les grands journaux ont fait peu de cas de cette annonce. Pourtant, l’investissement dans l’infrastructure de recherche produit des retombées considérables pour les Canadiens – des effets qu’il convient de comprendre et de reconnaître.  

Pour la plupart des gens, le mot « infrastructure » évoque des ponts, des routes et des aqueducs, et on s’est beaucoup intéressé au financement fédéral consacré à ce type d’infrastructure. Mais qu’est-ce que l’infrastructure de recherche? Ce sont les outils dont ont besoin les chercheurs pour mener leurs travaux essentiels.

Ce sont les séquenceurs d’ADN qui fournissent un profil génomique des maladies et des essences d’arbre au cœur de notre secteur forestier. Ce sont des installations de pointe telles que le Centre canadien de rayonnement synchrotron à Saskatoon qui font progresser de nombreux domaines scientifiques et offrent des lieux de rencontre dynamiques aux cerveaux les plus brillants de la planète. Ce sont aussi des centres d’exception comme le Perimeter Institute de la University of Waterloo où des physiciens mettent au point la prochaine génération de superordinateurs.

Non seulement cet investissement est utile sur le plan scientifique, mais il aide aussi le Canada à combler l’écart de productivité par rapport à la concurrence internationale. Jumelés à un financement direct de la recherche, ces investissements sont en forte corrélation avec des gains de productivité et la formation d’un personnel hautement qualifié. Ils créent le type d’emplois convoités par les Canadiens et dans lesquels ils sont prêts à se mesurer aux meilleurs éléments au monde. Aujourd’hui, plus que jamais, la prospérité économique et la qualité de vie d’un pays dépendent de sa capacité à favoriser une recherche de calibre mondial et à tirer de ces importants travaux des bénéfices, tant au pays qu’à l’étranger.

Le gouvernement du Canada investit dans l’infrastructure de recherche des universités, des hôpitaux de recherche et des collèges à la grandeur du pays par l’entremise de la Fondation canadienne pour l’innovation. Fait à noter, outre les provinces, le secteur privé et de généreux philanthropes contribuent aussi fréquemment à cet investissement, ce qui garantit un engagement et une harmonisation multipartites. Les meilleurs chercheurs à l’échelle mondiale – ceux qui réalisent des découvertes médicales, créent des inventions rentables et trouvent des solutions sociétales et technologiques aux problèmes urgents – choisissent le Canada, en partie parce que nos établissements proposent des milieux de recherche enrichissants propices à la conduite de travaux avant-gardistes. Ce climat contribue à créer un sain écosystème favorable à l’érudition et au commerce. 

Le Canada a besoin de l’infrastructure de recherche pour demeurer un chef de file mondial dans d’importants domaines de recherche tels que la médecine clinique, la technologie de l’information, la physique et l’astronomie. Cette annonce s’inscrit aussi dans la continuité du budget de 2014, qui accordait un montant de 1,5 milliard de dollars au nouveau fonds d’excellence en recherche « Apogée Canada », un autre important investissement destiné à des projets ambitieux qui permettront aux universités de s’imposer comme leaders mondiaux dans des secteurs de recherche particuliers – et d’évaluer leur succès à l’aune des résultats. 

Cette recherche, soutenue par une infrastructure de pointe, génère d’innombrables retombées, que je constate tous les jours à titre de président-directeur général d’un système de soins de santé. Elle ouvre des possibilités de traitement et de prévention de la maladie – songez comment la médecine personnalisée et la génomique pourraient s’attaquer à des problèmes comme la douleur chronique ou le cancer. Elle stimule aussi nos industries – il suffit d’envisager comment l’impression 3-D transformera le secteur manufacturier ou comment la physique quantique pourrait révolutionner l’informatique. Cela nous permet d’imaginer nos collectivités de demain – à quoi ressemblerait la vie dans une ville « intelligente » où les feux de circulation communiqueraient avec votre téléphone et les trottoirs, avec les feux de circulation?

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, les Canadiens devraient prêter attention à cet investissement de 1,33 milliard de dollars dans l’infrastructure de recherche, non seulement à cause du montant accordé – il s’agit de l’investissement ponctuel le plus important jamais octroyé pour soutenir l’infrastructure de recherche – mais aussi pour ses répercussions sur chacun de nous. 

Kevin Smith est président-directeur général du St. Joseph’s Health System, à Hamilton, en Ontario, et du Niagara Health System, et président du conseil d’administration de la Fondation canadienne pour l’innovation. Cet article d’opinion a paru le 5 mai 2015 dans The Globe and Mail.