Investir dans l’infrastructure de recherche de pointe : un gage de succès aujourd’hui et demain

25 février 2013

Lorsque Philippe Schick, vice-président de l’ingénierie à Cooledge Lighting Inc., a commencé à chercher un laboratoire pour commercialiser son produit, il a envisagé diverses possibilités au Canada et à l’étranger. L’entreprise établie à Burnaby, en Colombie-Britannique, en est arrivée à la conclusion que le meilleur endroit où mettre à l’essai sa technologie à film mince se trouvait dans sa propre cour. En effet, le laboratoire 4D LABS, un centre de recherche collaboratif spécialisé en génie des matériaux à la Simon Fraser University, a mis à la disposition de l’entreprise une gamme d’outils et une équipe d’experts afin d’accélérer le développement du produit et de l’aider à trouver la bonne combinaison de matériaux et de procédés beaucoup plus rapidement et à moindre coût.

Pour les entreprises, concrétiser leurs idées peut parfois représenter un véritable défi. Toutefois, au 4D LABS, Cooledge a réussi à créer un prototype qu’elle espère lancer ce printemps. Selon M. Schick, la capacité de son entreprise, et d’autres semblables, à accéder à des installations de pointe et à des conseils d’experts favorise l’innovation et la commercialisation.

Le 4D LABS illustre bien le type d’installations hébergées par des universités, des collèges et des hôpitaux de recherche et financées par le gouvernement du Canada par l’entremise de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Ce laboratoire, doté d’une solide feuille de route et qui regroupe des compétences scientifiques et commerciales, a reçu une contribution additionnelle le mois dernier à l’instar de 74 autres projets, ce qui représente un investissement total de plus de 215 millions de dollars.

Il importe de souligner que le financement alloué à la FCI a été engagé en 2009 – en plein cœur de la récession économique mondiale. En ciblant le maintien de notre capacité de recherche de calibre mondial, et ce, même en se heurtant à une conjoncture économique difficile, le gouvernement fédéral a démontré son attachement à l’idée que la croissance économique est tributaire de la science et de la technologie (S-T), aujourd’hui et demain.

L’état de la science et de la technologie au Canada, 2012, publié l’automne dernier par le Conseil des académies canadiennes est une mise à jour du rapport de 2006. Selon ce document, au Canada, la S-T « est en bonne santé et en progression tant sur le plan quantitatif que par son impact ». En dépit de sa faible population, le Canada produit un pourcentage considérable des articles de recherche clés dans le monde. En outre, selon un sondage mené auprès d’éminents scientifiques dans le monde, « le milieu de la recherche scientifique canadienne se rangeait quatrième au monde après les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne ». Dans plusieurs domaines en émergence, comme les technologies sans fil, les nanotechnologies, la médecine personnalisée et les technologies liées à l’énergie, « le Canada est bien placé pour devenir un chef de file mondial en développement et d’applications ».

Nous devons continuer à investir dans la recherche de pointe qui a mené à ces progrès importants. Alors que la reprise économique se profile, nous devons également ouvrir de nouvelles voies et appuyer les percées scientifiques qui viennent changer les règles du jeu lorsqu’il s’agit d’assurer notre réussite commerciale future. D’autres pays sortent aussi de la récession et connaissent pertinemment l’importance d’investir dans la S-T. Ce sont nos concurrents sur le marché de l’innovation mondial.

Le Canada s’emploie déjà à poser les bases afin de continuer à faire des percées et de conserver sa renommée en matière de S-T sur la scène internationale. À titre d’exemple, un des projets financés par le dernier concours de la FCI concerne des travaux de recherche menés par des physiciens de la Saint Mary’s University. Ces derniers utilisent les installations de TRIUMF – le Laboratoire national canadien pour la recherche en physique nucléaire et en physique des particules de la University of British Columbia – pour étudier des isotopes rares. Cela représente la science fondamentale à son meilleur, mais avec un objectif très concret : améliorer les traitements contre le cancer.

Tel qu’il est souligné dans le rapport du Conseil des académies canadiennes, le Canada joue aujourd’hui un rôle important dans le domaine de la S-T sur la scène internationale. Dans de nombreux secteurs, qu’il s’agisse du secteur minier ou forestier, ou encore de la génomique ou de l’imagerie médicale, de idées et des technologies nouvelles voient le jour – des idées et des technologies qui seront créatrices d’emplois et de richesse et qui vont améliorer la qualité de vie des Canadiens.

La capacité de recherche du Canada nous a dotés d’un avantage. Assurons-nous de le garder!

Gilles Patry est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation, la seule organisation qui finance l’infrastructure de recherche de pointe au pays. Cet article d’opinion a été publié à l’origine dans le journal The Hill Times le 25 février 2013.