Établir des relations pour attirer l'investissement étranger

3 octobre 2011

La course mondiale à l’innovation nécessite un réseau complexe de relations. Les chercheurs de divers établissements, pays et disciplines collaborent en vue d’échanger des idées et des ressources. Les partenaires financiers soutiennent la recherche méritoire, et les dirigeants du secteur privé prêtent leur esprit d’entreprise à l’effort global de recherche.

Pour gagner la course, les nations doivent nourrir ces relations au moyen d'un programme solide d'innovation soutenu par des investissements gouvernementaux stratégiques et constants.

Depuis plus d’une décennie, le gouvernement du Canada investit dans la recherche universitaire et collégiale dans le cadre de sa stratégie nationale visant à promouvoir l'innovation. Un aspect essentiel de cette stratégie consiste à investir, par l'entremise de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI), dans les outils, l’équipement et les installations de pointe dont les chercheurs ont besoin pour voir grand.

La FCI a transformé la capacité de recherche des universités, des collèges et des hôpitaux de recherche du Canada, et du même coup, a établi des liens entre des personnes et des secteurs dans un but commun : attirer et retenir les chercheurs les plus talentueux du monde et leur fournir le soutien nécessaire pour transformer leurs idées en solutions novatrices.

Le Canada a consenti beaucoup d’efforts pour atteindre cet objectif. Le financement de la FCI a entraîné la multiplication de grappes d’expertise dans des collectivités un peu partout au pays. Ces grappes d'importance variée créent des liens entre les gens, les organisations et les entreprises aux échelles régionale, nationale et internationale, et permettent la réalisation de recherches avancées qui sont utiles à la société et qui agissent comme moteur du développement économique.

À Montréal, par exemple, des chercheurs en cardiologie de partout au monde convergent pour échanger de l’équipement et des idées. À l’Université de Lethbridge, en Alberta, des neuroscientifiques font de même. L’Université Dalhousie à Halifax accueille des océanographes renommés ainsi que le nouveau Ocean Tracking Network, un réseau mondial de suivi des océans. Quant à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, elle mise sur ses capacités de recherche sur les nanomatériaux.

Pour les entreprises, ces carrefours du savoir recèlent un énorme potentiel. Elles s’y installent et collaborent avec des chercheurs brillants à la mise en commun de l’expertise et de l’équipement. C’est tout simplement une question de bon sens commercial. En s’alliant avec ces carrefours, les entreprises peuvent tester leurs nouveaux produits sur le terrain, étendre la notoriété de leur marque, attirer de nouveaux clients et établir des relations de confiance avec des établissements et des chercheurs de pointe dans leurs domaines. Les administrations municipales jouent également un rôle clé en soutenant le réseau de recherche local et en favorisant son rayonnement dans des marchés prometteurs à l’étranger.

Selon une étude récente, les entreprises, les gouvernements et les organismes sans but lucratif du Canada et d’ailleurs ont commandé des recherches d’une valeur de près de 2 milliards de dollars auprès d’universités canadiennes et d’hôpitaux universitaires affiliés en 2008, une augmentation substantielle par rapport à la somme de 1,15 milliard de dollars investi en 2006. À lui seul, le secteur privé a injecté environ 1 milliard de dollars. L’étude montre que les investissements dans les universités et les collèges afin de créer des connaissances particulières constitue un moyen très efficace de favoriser l’innovation et la commercialisation des résultats de recherche.

Pour promouvoir l’innovation et développer l’économie, il est essentiel de nourrir ces liens inestimables entre le milieu universitaire et le secteur privé. À titre d’exemple, citons Québec. La région occupe une place de choix au monde dans les domaines de l’optique et de la photonique, en grande partie grâce à l’éclosion de grappes d’expertise à l’Université Laval. L’établissement est muni d’installations laser, de photonique et d’optique uniques et reconnues à l’échelle internationale, soutenues par tous les ordres de gouvernement. De rigoureux projets de recherche menés en collaboration avec des collègues des autres établissements provinciaux et du secteur privé ont permis à la région de devenir un carrefour en photonique, où sont regroupées plus de 40 entreprises employant plus de 2 500 personnes et générant des recettes annuelles de 350 millions de dollars.

De nos jours, cependant, l'édification d’une forte économie nationale requiert des relations mondiales. Les entreprises axées sur le savoir et les personnes talentueuses et créatives qu’elles emploient sont libres de s'installer là où se trouve une masse critique d'expertise, c’est-à-dire n’importe où dans le monde. Nos grappes de recherche dynamiques contribuent déjà à la création d’emplois et à la formation de la prochaine génération d'innovateurs. En investissant dans une infrastructure de pointe, les établissements canadiens ont également pu attirer sur leurs campus des chercheurs de renommée mondiale. De fait, chaque année, quelque 4 500 chercheurs affluent vers le Canada de partout au monde pour utiliser l’infrastructure financée par la FCI dans leurs travaux. En travaillant avec un tel bassin de talents issus de divers pays sur des enjeux qui touchent la population du globe, le Canada bénéficie de vastes possibilités d’attirer des entreprises internationales.

Lorsqu'on tient compte également du fait que, parmi les pays économiquement avancés membres du G7, le Canada est celui où les entreprises paient le moins d'impôt, les perspectives d'investissement étranger apparaissent encore meilleures. C’est le moment idéal pour le Canada de récolter les fruits de ses investissements dans le domaine de la recherche.

Les investissements canadiens ont suscité la collaboration et la créativité, et ils ont attiré des entrepreneurs hautement compétents. Il est temps de miser sur ces investissements pour attirer des entreprises et des capitaux internationaux en les mettant en lien avec les riches ressources du Canada en matière de connaissance humaine. Ce faisant, nous produirons de la richesse et des emplois dans des collectivités un peu partout au pays, et nous progresserons dans nos efforts pour devenir une nation plus novatrice.

Gilles G. Patry, Ph. D., est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation.