Combler le déficit d’innovation

Toutes les parties prenantes de l’écosystème de recherche du Canada doivent évoluer pour répondre aux besoins d’une économie en mutation
21 février 2012

Le milieu de la recherche devrait voir d’un bon œil le gouvernement du Canada réaffirmer que la croissance économique et la création d’emplois passent d’abord et avant tout par les investissements en recherche et développement. Il s’agit d’un thème récurrent dans les plans d’action économique du gouvernement.

La stratégie nationale pour stimuler l’innovation a reposé en partie sur les investissements dans un écosystème de recherche dynamique composé des organismes fédéraux de financement de la recherche, du Programme des chaires de recherche du Canada, du Programme des chaires d’excellence du Canada, des Centres d’excellence en commercialisation et en recherche, et des Réseaux de centres d’excellence dirigés par l’entreprise.

Un élément clé de cette stratégie a aussi consisté à investir, par l’entremise de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) dans des outils, de l’équipement et des installations dont les chercheurs ont besoin pour voir grand. Grâce à ces investissements, le Canada compte sur un synchrotron qui remonte dans la microstructure des matériaux, un réseau mondial d’observation de l’océan qui contrôle les pêches et des carrefours d’expertise — de la génomique et des technologies vertes aux cellules souches en Ontario, en passant par la photonique au Québec et l’océanographie à Terre-Neuve-et-Labrador — qui débouchent sur des découvertes et qui créent des occasions de développement économique au pays.

De fait, les investissements de la FCI ont transformé la capacité de recherche des collèges, des universités et des hôpitaux de recherche. Les chercheurs possèdent maintenant les outils de pointe pour répondre aux prochaines questions d’importance.

Depuis la création de la FCI, l’exode des cerveaux a fait place au recrutement de nouveaux cerveaux au pays. Les chercheurs canadiens se classent parmi les premiers au monde pour ce qui est des publications revues par les pairs. Ils collaborent avec leurs homologues étrangers comme jamais auparavant. Toutes ces réalisations découlent des investissements constants et stratégiques du gouvernement du Canada dans tous les domaines de recherche et de développement technologique.

Au cours des prochaines années, nous serons confrontés à de nouveaux défis. À titre d’exemple, les Canadiens assisteront à d’importants changements sociaux, économiques et démographiques. Quant à la récente crise économique mondiale, elle a accru la pression sur les finances publiques. Bien au fait de cette réalité, la FCI a fait le point sur sa place dans cet environnement en vue de déterminer ce qu’elle doit faire pour contribuer à l’avancement de la recherche au Canada.

Le Canada doit sans contredit appuyer davantage l’innovation dans le secteur privé et accroître la capacité des collèges et des universités à collaborer de façon plus efficace avec ce secteur. En d’autres termes, nous devons améliorer la transformation des idées en inventions, des inventions en produits et des produits en entreprises. Le groupe d’experts sur la recherche-développement mis sur pied récemment par le gouvernement du Canada en est arrivé aux mêmes conclusions, à savoir, l’importance de trouver des moyens plus efficaces de soutenir l’innovation afin de renforcer la compétitivité des entreprises à long terme et enfin, d’améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens.

L’infrastructure de recherche est fondamentale à la recherche et au développement technologique de calibre mondial. L’infrastructure représente l’un des principaux moteurs de l’industrie du savoir qui alimente le système d’innovation canadienne.

En tant qu’organisme financé par l’État, la FCI, de pair avec les organismes fédéraux de financement de la recherche et autres organismes publics de soutien à la recherche, doit relever les défis de la modernité et mettre à profit les grands talents et le savoir-faire exceptionnels de nos collectivités dans l’élaboration de solutions viables. Pour sa part, la FCI cherche des moyens de mieux tirer parti de ses investissements antérieurs et de faire évoluer ses fonds pour soutenir et renforcer la capacité des établissements de recherche du Canada.

Mais plus encore, nous tentons de combler le déficit d’innovation en examinant la façon dont la recherche entrepreneuriale peut répondre aux besoins commerciaux. De plus, la FCI continuera d’accroître l’influence du Canada dans le secteur de la recherche mondiale. En plus d’ouvrir la voie à de nouvelles occasions de recherche et de nouveaux marchés aux Canadiens, ces partenariats offrent des solutions entièrement canadiennes.

Nous savons que le domaine de la recherche a subi d’importants changements au Canada au cours des dernières années. Nous savons que nous avons créé un paysage scientifique exemplaire. Mais nous savons aussi que nous sommes aux prises avec un problème de productivité qui mérite de s’y attarder. Non seulement la FCI doit-elle favoriser la recherche menant à des découvertes de pointe, mais elle doit également créer les conditions nécessaires pour stimuler la recherche et l’innovation entrepreneuriales.

La FCI n’a pas forcément toutes les réponses, pas plus qu’elle ne peut relever seule tous les défis du Canada. Toutes les parties prenantes de notre système d’innovation doivent s’interroger sur leur rôle et faire de la capacité d’innovation et de recherche de calibre mondial du Canada une priorité nationale.

Gilles Patry est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation, la seule organisation qui finance l’infrastructure de recherche de pointe au pays.