Des assises solides pour relever les défis de l’innovation du Canada

25 avril 2012

Demandez à un entrepreneur quel est l’élément essentiel pour construire une structure durable et il vous répondra que ce sont des assises solides. Demandez à n’importe qui du milieu de la recherche quel est l’élément essentiel pour créer un système d’innovation dynamique et vous obtiendrez probablement la même réponse. Des assises solides ouvrent des possibilités infinies.

Voyons, par exemple, le système d’imagerie par résonance magnétique (IRM) peropératoire mis au point à l’Université de Calgary. En 1996, des chercheurs de l’établissement, en collaboration avec ceux du Conseil national de recherches du Canada, ont transformé une idée en entreprise. De fait, ils ont conçu un système d’imagerie capable de capter des images du cerveau pour améliorer la précision des interventions chirurgicales. Ils ont par la suite créé la société IMRS inc., située à Winnipeg, afin de commercialiser leur technologie.

C’est alors que la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) entre en jeu. En 1999, elle octroie du financement à l’équipe de chercheurs de l’Université de Calgary, qui lui a permis de pénétrer le marché hospitalier, de perfectionner la technologie et d’en accroître la commerciabilité. Aujourd’hui, la société privée cotée en bourse compte 170 employés. En 2010, la technologie connue sous le nom de VISUS Surgical Theatre a généré des ventes de 70 millions de dollars américains. Depuis septembre 2011, 6 100 patients ont été traités par cette technologie.

Non seulement cette innovation en santé a amélioré la sûreté des chirurgies du cerveau et l’efficacité des soins de santé, mais elle a également entraîné une autre innovation, le bras robotique neuroArm. Manipulé à partir d’un poste distant, cet outil permet des chirurgies d’une extrême précision. Financé lui aussi par la FCI, le robot neuroArm a été utilisé pour traiter 32 patients à Calgary. La société IMRIS inc., qui a acquis la technologie en 2010, prépare la prochaine génération du robot.

Ces investissements de la FCI et de ses partenaires financiers dans l’infrastructure de recherche stratégique dans les provinces et les secteurs privé et à but non lucratif favorisent l’excellence en recherche et l’innovation. L’élaboration de pratiques écologiques pour l’industrie minière, le développement de matériaux légers pour l’industrie automobile ou de nouveaux produits pour l’industrie forestière et la conception de traitements améliorés sont autant de découvertes transformées en innovations par les chercheurs des universités, des collèges et des hôpitaux de recherche du pays.

Les investissements soutenus du gouvernement du Canada par l’entremise de la FCI, des organismes fédéraux de financement de la recherche et d’autres organismes et programmes financés par le gouvernement du Canada sont à l’origine du riche écosystème de recherche du pays, qui forme les assises solides nécessaires pour améliorer la position du Canada dans la course mondiale à l’innovation.

Un tel appui se traduit par d’immenses possibilités pour le milieu de la recherche. Les établissements de recherche peuvent attirer et retenir les meilleurs chercheurs des quatre coins de la planète et leur offrir des laboratoires et de l’équipement de pointe. Les chercheurs peuvent y explorer les possibilités de commercialisation de leurs découvertes et aider l’industrie à relever des défis pressants. Pour leur part, les étudiants côtoient d’éminents scientifiques et disposent d’outils perfectionnés qui favorisent l’acquisition des connaissances et des compétences qui feront d’eux des idéateurs et des innovateurs en milieu de travail.

Non seulement cela, mais l’appui du gouvernement fédéral a facilité l’éclosion de grappes d’expertise dans des collectivités partout au pays. Ces grappes rassemblent des personnes, des organismes et des entreprises qui soutiennent la recherche avant-gardiste au service de la société. Ainsi, des chercheurs en cardiologie du monde entier se donnent rendez-vous à Montréal pour mettre en commun de l’équipement et des idées. L’Université de Victoria accueille des océanographes renommés dans son observatoire des fonds marins. Enfin, des chercheurs de l’Université Trent et du Collège Flemming à Peterborough en Ontario étudient tout ce qui touche à la qualité de l’eau.

Le dernier budget du gouvernement du Canada illustre sa volonté de continuer à investir dans des assises solides, grâce auxquelles la recherche produit déjà des retombées multiples dont profitent les Canadiens. Les intervenants du milieu de la recherche au pays peuvent interpréter cette volonté renouvelée comme une incitation à accroître les collaborations et à rechercher activement des possibilités d’édifier une nation novatrice sur ces solides fondations.

Gilles Patry est président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation, la seule organisation qui finance l’infrastructure de recherche de pointe au pays. Cet article d’opinion a été publié à l’origine dans le journal The Globe and Mail le 25 avril 2012.