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Afin d’aider les enseignants à optimiser l’utilisation des dispositifs électroniques en classe, un chercheur de l’Université de Montréal analyse les comportements qui sont source de distraction ou d’enrichissement.
Le 25 août 2015

Par Kate Hammer

L’usage de la technologie est un enjeu qui ne fait pas l’unanimité chez les enseignants. Certains l’adoptent, trouvant des moyens de mobiliser les étudiants en utilisant des tablettes, des téléphones intelligents et des ordinateurs portables, alors que d’autres perçoivent ces appareils comme une source de distraction, voire une invitation à tricher.

Thierry Karsenti, titulaire d'une chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation à l’Université de Montréal, reconnaît le bien-fondé de ces deux points de vue. Il étudie donc quelle incidence peut avoir le comportement de l’enseignant sur l’utilisation des technologies en classe.

M. Karsenti observe 32 classes ayant adopté les nouvelles technologies en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec afin de mieux comprendre l’usage que font les étudiants de ces dispositifs électroniques. Grâce à cette étude, il peut recueillir des données en temps réels sur le degré de mobilisation des étudiants en classe.

Selon le chercheur, la problématique est la suivante : « Même si bon nombre d’élèves utilisent les technologies à l’école, il n’est pas aussi facile de leur inculquer des connaissances au moyen de ces technologies. »

Dans certaines classes, jusqu’à 80 pour cent des élèves sont distraits par la technologie, naviguant dans les médias sociaux et divers sites Web qui n’ont rien à voir avec le cours.

 

Dans ce balado, Melody Wiseheart de l’Université York explique l’expérience qu’elle a menée afin de savoir à quel point les résultats d’examens peuvent varier lorsqu’on permet aux élèves de naviguer dans Internet pendant le cours. (Ce balado est disponible uniquement en anglais.)

 

À peine cinq pour cent des élèves sont distraits par la technologie lorsqu’on en fait un usage efficace. Selon les conclusions de Thierry Karsenti, ce constat s’expliquerait par trois facteurs principaux : la gestion de classe, l’utilisation de la technologie par les enseignants et l’usage que sont invités à en faire les élèves.

À titre d’exemple, l’enseignant peut réduire les comportements distrayants de moitié simplement en se déplaçant dans la classe au lieu de rester debout, à l’avant, un gadget électronique à la main. De plus, les élèves ont moins tendance à naviguer sur le Web lorsque l’enseignant leur attribue une tâche claire et sans équivoque qui représente un défi. M. Karsenti affirme aussi que beaucoup moins d’élèves sont distraits lorsque l’enseignant met en place une routine de classe.

 

Dans cette conférence TED, Thierry Karsenti, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation à l’Université de Montréal, discute de l’inévitable intégration des tablettes en classe et de la manière dont les enseignants peuvent en faire un usage optimal.

 

« Bon nombre d’enseignants craignent que la technologie ne les remplace, avance M. Karsenti. Mais cette peur est sans fondement. Nos recherches démontrent clairement que les enseignants jouent un rôle central dans la classe. En fin de compte, ni les tablettes, ni les téléphones intelligents, ni les ordinateurs portables, ni aucune autre technologie ne peuvent à eux seuls avoir une incidence sur la motivation et l’apprentissage des élèves. Ce qui importe, c’est l’usage qu’en font les enseignants et les élèves. »

Cet article a été publié à l’origine sur innovation.ca en août 2014.