Vu lintensité immense du rayonnement synchrotron dans les régions
de linfrarouge, du rayonnement ultraviolet et des rayons X, presque toute
expérience ou tout processus utilisant ces énergies peut être
amélioré de façon spectaculaire par rapport à des
énergies provenant de sources conventionnelles en laboratoire. Vers le
début des années 1990, la communauté des chimistes au Canada
en particulier sest rendu compte de limportance du rayonnement synchrotron.
Par conséquent, beaucoup de groupes ayant des projets que les sources
de faisceaux leur permettraient de réaliser se sont formés.
Les premières sources de faisceaux qui sont en cours de construction
à la CLS (voir le tableau 1 suivant-à partir de février
2001) occupent toute la gamme dénergie du rayonnement synchrotron,
quil s'agisse de linfrarouge lointain (source de faisceaux 1), de
linfrarouge (sources de faisceaux 2 et 3), de la région des rayons
X à faible énergie (sources de faisceaux 4 et 5) ou de la région
des rayons X durs (sources de faisceaux 6 et 7). Une source de faisceaux diagnostique
(source de faisceaux 8) sera construite pour contrôler les caractéristiques
du faisceau délectrons dans lanneau de stockage.
Beaucoup dautres projets de source de faisceaux ont été
mis au point (p.ex., les sources de faisceaux 9 à 12), et plusieurs dentre
eux seront construits au cours des prochaines années.
Tableau 1 : Sources de faisceaux de la Canadian Light
Source
(à partir de février 2001)
| Projet de source de faisceaux | Source | Gamme dénergie | Chargé(s) de projet | Coordonnateur(s) CLS | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Spectroscopie de haute résolution à linfrarouge lointain | Aimant de courbure | 0.01 0.13 eV | Robert McKellar, Tom Ellis | T. May |
| 2 | Spectromicrosopie à linfrarouge | Aimant de courbure | 0.08 0.8 eV | Mike Jackson, Tom Ellis | T. May |
| 3 | Spectromicrosopie à linfrarouge | Aimant de courbure | 0.08 0.8 eV | Farid Bensebaa, Tom Ellis | T. May |
| 4 | CSRF SGM | U | 0.22 1.9 keV | T.K. Sham | I. Coulthard |
| 5 | Spectromicroscopie à rayons X à faible énergie | EPU | 0.2 2.0 keV | Adam Hitchcock | K. Kaznacheyev |
| 6 | Crystallographie de crystaux de protéine | SG-U | 6.5 18 keV | Louis Delbaere | P. Grochulski |
| 7 | XAFS à usage général | W | 5 40 keV | DeTong Jiang | D. Jiang |
| 8 | Diagnostic de linstallation | Aimant de courbure | - (white) | Jack Bergstrom | J. Bergstrom |
| 9 | CSRF PGM | U | 5 250 eV | T.K. Sham | J. Cutler, K. Tan |
| 10 | CSRF DCM | Aimant de courbure | 1.7 5.5 keV | T.K. Sham | E. Hallin |
| 11 | Diffraction à usage général | W | 4 40 keV | John Tse | D. Jiang |
| 12 | Diffraction / microsonde à rayons X | SG-U | 4 40 keV | Don Baker | D. Jiang |
| Le rayonnement synchrotron joue un rôle essentiel dans toutes ces
études. Par exemple, à lheure actuelle limagerie
infrarouge déchantillons biologiques et industriels peut se
faire dans des synchrotrons munis dune longueur donde dune
résolution de 3 à 5 µm par rapport aux 30 µm réalisables
à partir des sources en laboratoire. En outre, la diffraction à
crystal unique peut être obtenue en utilisant de plus petits crystaux
avec une meilleure résolution atomique que celle réalisée
d'une source en laboratoire. En effet, tous les crystallographes de crystaux
de protéine (plus de 40 groupes au Canada à lheure actuelle)
doivent se rendre à une source de rayonnement synchrotron sils
veulent rester concurrentiels. Un nombre important (de 10 à 20 %)
de petits crystaux provenant de tous les départements de chimie et
de géologie auront probablement besoin de la CLS pour déterminer
leur structure. Quels sont les autres avantages? La technologie des surfaces
à rayons X à faible énergie, telle que la spectroscopie
photoélectronique à rayons X, progresse de façon spectaculaire.
Dautres techniques de résonance impossibles à réaliser
en laboratoire à partir de sources à énergie unique
ou à double-énergie sont en train dêtre développées.
Ces techniques dimagerie (qui comprennent les microscopes électroniques
par transmission à balayage et démission photoélectrique
à rayons X ainsi que les microsondes à rayons X) ne sont pas
disponibles dans des laboratoires parce quelles exigent des sources
constantes de rayons X intenses. Ces techniques à rayons X deviennent indispensables pour beaucoup de l'expérimentation sur les surfaces, les polymères, les minéraux et lenvironnement ainsi que sous haute pression. Les spectrophotométries dabsorption atomique (c.-à-d. ZANES et EXAFS) sont extrêmement puissantes permettant ainsi de déterminer la composition chimique (et microchimique) de tous les éléments dans un milieu, tel que le gaz, les solutions et les solides crystallins et amorphes (par exemple, dans beaucoup de domaines environnementaux et biochimiques). |