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Le Canada choisit 9 projets pour s’affirmer en recherche internationale
le 20 juin 2002
Ottawa, le 20 juin 2002… Allan Rock, ministre de l’Industrie, s’est joint à David W. Strangway, président-directeur général de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), pour annoncer aujourd’hui les noms de 9 grands projets d’infrastructures de recherche internationale qui viendront appuyer le leadership du Canada dans les domaines de l’océanographie et des sciences de l’environnement, des maladies infectieuses, de l’astronomie, des sources de rayonnement, et de la physique des particules.
« Ces projets témoignent de notre confiance dans l’avenir de notre communauté scientifique et de notre pays, » a déclaré le ministre Rock. « Ils permettront de mettre en valeur la recherche canadienne à l’échelle mondiale et d’offrir à nos chercheurs l’équipement nécessaire afin de s’illustrer sur le plan scientifique international. »
« Ces projets renforceront la réputation du Canada comme un carrefour de la recherche de pointe, » a déclaré M. Strangway. « Plus de 500 chercheurs canadiens dans 26 universités partout au pays joueront un rôle de premier plan dans ces collaborations scientifiques qui offrent un potentiel élevé pour des retombées importantes pour le Canada et les autres pays participants. »
Les projets ont été choisis par le Conseil d’administration de la FCI à la recommandation d’un Comité multidisciplinaire d’évaluation composé de chercheurs et de spécialistes internationaux de premier rang. Chaque proposition a également été examinée par des experts internationaux du domaine spécifique au projet. Le financement accordé à chaque projet sera annoncé au cours des prochaines semaines après une révision des budgets proposés en consultation avec les établissements.
Le Fonds de collaboration internationale vise à créer au Canada des infrastructures qui mettent en valeur les recherches de très haut calibre réalisées au Canada, et qui permettent aux chercheurs canadiens de collaborer avec les meilleurs scientifiques au monde.
Le Fonds d’accès international permet aux chercheurs canadiens de participer à des projets internationaux ou de gagner accès à des installations de calibre mondial situées à l’étranger et qui leur permettra de collaborer avec les meilleurs scientifiques dans plusieurs domaines d’importance pour le Canada et les autres pays participants.
Trois projets ont été choisis dans le cadre du Fonds de collaboration internationale :
- Un brise-glace de recherche pour étudier les changements de l’océan arctique et le changement climatique mondial;
- Un laser de pointe à cinq faisceaux à très grande gamme de longueur d’ondes qui deviendra un outil fondamental pour renforcer l’environnement canadien de recherche et de formation dans des disciplines comme la physique, la chimie et les biotechnologie; et
- Une nouvelle installation internationale consacrée aux sciences souterraines qui permettra de transformer l’Observatoire de neutrinos de Sudbury (SNO) d’un projet expérimental de renommée mondiale en une installation de très haut calibre et une destination scientifique internationale.
Six projets ont été retenus dans le cadre du Fonds d’accès international :
- Le programme Neptune renforcera le leardership du Canada dans le domaine de la recherche sur les grands fonds marins;
- Un laboratoire Canada-Kenya offrira aux chercheurs canadiens et à leurs collaborateurs à Nairobi, Oxford et Washington une installation de pointe pour étudier des maladies infectieuses comme le SIDA et la fièvre virale hémorragique;
- Le projet conjoint Canada-R.-U. de caméra SCUBA-2 qui sera localisé au James Clerk Maxell Telescope, à Hawaii, et qui permettra de produire des images de l’univers en utilisant les ondes radio;
- La redevance d’accès au Télescope ALMA (Atamaca Large Millimeter Array) qui sera construit au Chili et qui sera à la fine pointe du domaine pendant les 20 prochaines années;
- Une ligne de rayonnement à l’installation de spallation neutronique la plus sophistiquée au monde, située à Oak Ridge au Tennessee (É.-U.), permettra d’assurer le leadership des chercheurs canadiens qui utilisent les neutrons pour examiner les matériaux et les structures; et
- Le projet KOPIO—un nouveau projet international en physique des particules qui permettra d’étudier les origines de la matière. Ce projet est dirigé par une équipe de scientifiques canadiens de réputation internationale et réunit 63 chercheurs dans six pays.
Dans le cadre du concours de financement, les universités canadiennes ont présenté des projets qui reflètent leurs priorités institutionnelles de recherche. Les propositions ont été évaluées en regard des critères suivants :
- Investissement dans les infrastructures;
- Accès à des installations à l'extérieur du Canada;
- Participation à des programmes internationaux.
Ces projets ont été choisis à la suite d’un concours pancanadien et seront financés par la FCI à même deux fonds spéciaux de 100 millions $ qui avaient été annoncés dans le budget fédéral de février 2000. C’est la première fois que des grands projets d’infrastructures de recherche ciblant plusieurs domaines de recherche internationale sont annoncés au Canada.
La Fondation canadienne pour l’innovation est un organisme autonome à but non lucratif créé par le gouvernement du Canada en 1997 pour appuyer la mise en place d’infrastructures de recherche de calibre mondial dans les universités, collèges, hôpitaux et établissements de recherche canadiens. La FCI a reçu un budget d’investissement de 3,15 milliards $.
Pour plus de renseignement, veuillez communiquer avec :
| Douglas Lauriault Directeur, Affaires publiques Fondation canadienne pour l'innovation (613) 996-3193 douglas.lauriault@innovation.ca |
Selena Beattie Bureau d’Allan Rock Ministre de l’Industrie Tél. : (613) 995-9001 |
Fiche documentaire
Projets choisis, par domaine de recherche
Fonds de collaboration internationale
Océanographie et sciences de l’environnement :
- Un brise-glace de recherche permettra d’étudier les changements qui affectent l’océan Arctique et le climat de la planète. Le Canada disposera maintenant de son propre brise-glace de recherche ultramoderne consacré à la recherche et capable de naviguer dans les eaux envahies par les glaces de l’Arctique. Ce navire—constituant une installation nationale—accueillera des scientifiques de réputation mondiale qui feront de la recherche dans l’Arctique canadien en collaboration avec des Canadiens et au bénéfice des Canadiens. Cette infrastructure essentielle permettra de former la prochaine génération de chercheurs intéressés à l’Arctique et de renforcer le milieu canadien de la recherche sur l’Arctique. Les chercheurs et les étudiants des cycles supérieurs seront également en mesure d’accroître nos connaissances des phénomènes environnementaux que l’on peut observer dans l’Arctique, notamment l’effet du réchauffement de la planète sur les formes de vie que l’on retrouve dans les océans, sur les phénomènes marins et sur le climat. Ce navire et son équipement de haute technologie susciteront beaucoup d’intérêt sur le plan international et aideront le Canada à établir des partenariats internationaux dans ce domaine de recherche crucial. Le centre administratif de cette installation nationale sera situé à l’Université Laval.
Sources de rayonnement :
- La mise au point d’un laser très perfectionné à cinq faisceaux de conception très originale—il est capable de couvrir une très grande gamme de longueurs d’ondes—fournira un instrument fondamental à un grand nombre de chercheurs dans des disciplines telles que la physique, la chimie et la biotechnologie. Cette nouvelle installation permettra de choisir, visualiser et de manipuler des réactions chimiques au niveau des molécules individuelles. Ce laser deviendra un élément essentiel d’une infrastructure universitaire de classe mondiale pour réaliser des expériences extrêmement coûteuses faisant appel à un synchrotron peu accessible. Le centre administratif de cette installation sera situé à l’Institut national de la recherche scientifique de l’Université du Québec.
Physique des particules :
- La création au Canada d’une grande installation internationale consacrée aux sciences souterrainesfera de l’Observatoire de neutrinos de Sudbury (SNO), projet expérimental de renommée internationale, une installation de recherche d’envergure internationale. Cette installation améliorée permettra aux chercheurs de se pencher sur quelques-unes des questions les plus fondamentales que se posent les scientifiques : comment le soleil fonctionne-t-il? De quoi l’univers est-il constitué? Quelle est la masse des neutrinos? Comment se mélangent-ils et que peuvent-ils nous apprendre au sujet des processus qui ont regroupé les forces de la nature? Quel rôle les neutrinos jouent-ils dans les explosions qui pulvérisent des étoiles massives et dans la production des éléments les plus lourds du tableau périodique? Cette nouvelle installation permettra au Canada d’attirer un plus grand nombre de chercheurs internationaux, de rehausser les collaborations internationales qui existent déjà et d’en établir de nouvelles. Elle fera du Canada un leader en ce qui concerne les sciences souterraines et la physique des particules élémentaires. Le centre administratif de cette installation sera situé à l’Université Carleton.
Fonds d’accès international
Océanographie et géophysique :
- Le Programme Neptune renforcera le leadership du Canada dans le domaine de la recherche sur les grands fonds marins—la dernière zone frontière peu connue de notre planète. Ce programme constituera un outil privilégié en vue de réunir des données sur la tectonique et les processus marins et il permettra d’observer ce qui se passe dans la partie la plus profonde des océans. Dans le cadre de ce programme, les chercheurs installeront un réseau de capteurs sur tout le périmètre de la plaque tectonique de Juan de Fuca, située au large de l’île de Vancouver et de l’Oregon. Ceci leur permettra d’étudier les mouvements des fonds marins, les tremblements de terre, les diverses formes de vie dans l’océan et le mouvement des océans, en temps réel. Ce programme comportera la mise au point et l’utilisation de technologies marines de pointe et de technologies qui pourraient être utilisées dans le cadre de recherches que l’on prévoit faire sur d’autres planètes et des lunes telles qu’Europa. Le centre administratif de ce programme sera situé à l’Université de Victoria.
Maladies infectieuses :
- Un nouveau laboratoire exploité conjointement par le Canada et le Kenya fournira à des chercheurs de premier plan du Canada et à leurs partenaires internationaux de Nairobi, Oxford et Washington une installation de pointe pour la recherche sur les maladies infectieuses. Cette nouvelle installation permettra aux membres de cette équipe internationale d’effectuer des analyses génétiques complexes d’échantillons biologiques frais—c’est-à-dire non congelés—en temps réel dans un milieu où des maladies très contagieuses comme le sida et les fièvres hémorragiques sont très répandues. Des systèmes informatiques très perfectionnés relieront les chercheurs du Canada à ce site et permettront un échange rapide de données cliniques et épidémiologiques, et de résultats obtenus sur le terrain. Il y a un large consensus que les maladies infectieuses incontrôlables constituent un grand problème sanitaire et économique sur le plan international. On s’attend à ce que cette équipe de recherche dirigée par des Canadiens suscite beaucoup d’intérêt sur le plan international quand elle effectuera des découvertes sur l’immunologie et la pathogenèse des nouvelles infections en voie d’émergence et mettra au point des traitements tels que de nouveaux vaccins. Le centre administratif de ce projet sera situé à l’Université du Manitoba.
Astronomie :
- Une installation administrée conjointement par le Canada et le R.-U. permettra l’installation de la caméra SCUBA-2 (SCUBA est un acronyme anglais qui veut dire réseau bolométrique sous-millimétrique partagé entre les utilisateurs) sur le Télescope James Clerk Maxwell à Hawaii. Cette caméra permettra aux chercheurs d’obtenir des images sans précédent des parties les plus lointaines de l’univers au moyen des ondes radio. La nouvelle technologie de détection utilisée est près de mille fois meilleure que celle de l’instrument précédent (SCUBA), qui était à l’époque le meilleur instrument terrestre en son genre et dont les effets sur le monde de l’astronomie n’ont été surpassés que par le Télescope Hubble. La caméra SCUBA-2 permettra d’obtenir rapidement de meilleures images des régions les plus lointaines de l’univers et elle constituera un outil de cartographie à grande échelle des étoiles et des galaxies d’une puissance sans égal. Elle constituera une ressource inestimable pour les chercheurs qui se serviront des cartes du ciel dressées grâce à elle pour identifier les zones du ciel qui les intéressent et sa vitesse permettra aux chercheurs de faire beaucoup plus de recherche qu’avant. Grâce à elle, il devrait être possible de faire en une seule nuit ce qui prenait auparavant près de trois ans. Le centre administratif de ce projet sera situé à l’Université de Waterloo.
- La redevance d’accès au Télescope ALMA (Atamaca Large Millimeter Array) qui sera construit au Chili et qui sera à la fine pointe du domaine pendant les 20 prochaines années. La résolution et la sensibilité sans précédent du Télescope ALMA permettront aux astronomes d’étudier des phénomènes tels que les processus intervenant dans la formation des galaxies, des étoiles et des planètes. Le centre administratif de ce projet sera situé à l’Université de Calgary.
Source de neutrons:
- M. Bertram Brockhouse, Ph.D., titulaire d’un Prix Nobel et professeur émérite à l’Université McMaster, a inventé la technique de la diffusion inélastique des neutrons qui permet aux chercheurs d’étudier les matériaux au niveau atomique sans les endommager. La construction, financée par la FCI, d'un faisceau à l’installation de spallation neutronique la plus perfectionnée du monde à Oak Ridge au Tennessee (États-Unis) permettra aux chercheurs canadiens d’assurer leur leadership dans l’utilisation des neutrons pour l’examen des matériaux techniques. Cette nouvelle installation permettra aux chercheurs d’étudier des matériaux sous des conditions qui rendent la chose impossible actuellement. Ainsi, ils pourront examiner des matériaux faisant partie de pièces mobiles telles que des éléments de moteur en fonctionnement et observer en temps réel le stress produit par des mouvements répétés. Le centre administratif de ce projet sera situé à l’Université McMaster.
Physique des particules :
- Le Projet KOPIO porte sur une nouvelle expérience dans le domaine de la physique des particules qui vise à explorer l’origine de la matière. Il constitue une importante nouvelle initiative internationale dirigée par un groupe de scientifiques canadiens de renommée internationale qui comprend 63 scientifiques en provenance de six pays. Ce projet permettra d’explorer les mystères les plus profonds de la matière et de l’énergie qui sont cachés dans le monde des particules élémentaires. Toute matière est formée de ces particules et les lois qui les régissent s’appliquent partout et toujours dans l’univers : le but de la physique des particules élémentaires est de découvrir et de comprendre les lois qui régissent le comportement de ces particules et donc de mieux comprendre l’état présent de l’univers et son histoire. Ce projet mènera aussi à d’importants progrès dans le domaine des technologies des accélérateurs et des détecteurs de particules, ce qui se traduira par des applications à plus grande échelle hors du domaine de la physique des particules élémentaires. Le centre administratif de ce projet sera situé à l’Université de Colombie-Britannique.

