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Présentation du Dr David Strangway, Président-directeur général, Fondation canadienne pour l’innovation au Comité permanent des finances de la Chambre des communes

le 28 mai 2002

Mesdames et Messieurs les membres du Comité des finances,

Je suis très heureux de vous rencontrer une fois de plus pour vous parler des activités de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Il me fait grand plaisir de vous exprimer notre reconnaissance de l’appui sans faille que vous lui avez témoigné ainsi que des nombreuses mesures que vous avez prises pour rehausser la capacité de recherche des établissements non gouvernementaux sans brut lucratif de tout le Canada. En créant la FCI en 1997 puis les Instituts de recherche en santé du Canada et les Chaires de recherche du Canada, en commençant à défrayer les coûts indirects de la recherche et en contribuant à la création d’une Fondation de bourses d'études supérieures, vous avez transformé la recherche au Canada. Ce faisant, vous avez permis de bien des manières aux établissements et à leurs chercheurs de viser la médaille d’or.

Mes commentaires aujourd’hui prendront la forme d’une série de questions et réponses.

1. Comment la FCI a-t-elle été créée?

C’est par une loi votée en 1997 que le Parlement a procédé à la création de la FCI et lui a accordé des crédits sous la forme d’une fondation autonome dont les activités devaient prendre fin cette année.

Par la suite, le Parlement nous a accordé de nouveaux crédits et a prolongé notre mandat jusqu’en 2010. De toute évidence, nous répondions à un besoin et nous l’avons bien comblé. Nous avons été chargés de fournir des outils de recherche et d’en défrayer jusqu’à 40% du coût.

2. Qui sont les clients de la FCI?

Les clients de la FCI sont les établissements que j’ai déjà mentionnés. Pour connaître du succès, ils ont dû se doter de plans de recherche institutionnels et trouver des partenaires disposés à assumer les autres coûts (60 %) de leurs projets. Ils y sont parvenus grâce au soutien de nombreux partenaires y compris les gouvernements provinciaux et municipaux, le secteur privé et le secteur bénévole. À ce propos, nous sommes le premier organisme à accorder de l’aide à la recherche dans les collèges.

3. Combien d’argent la FCI a-t-elle reçu?

La FCI a reçu 3,15 milliards de $ à l’appui de son mandat pour la période allant de 1998 (premiers crédits) à 2010. Compte tenu des intérêts sur ces montants, nous nous serons en mesure d’accorder des contributions se chiffrant à environ 4 milliards de $, ce qui déclenchera un investissement total de près de 10 milliards de $.

4. Quels sont les programmes de la FCI?

Les programmes de la FCI sont tous fondés sur le mérite et ses contributions sont accordées par concours. La FCI aide les établissements qu’elle dessert à mettre au point des technologies mobilisatrices qui leur permettent de jouer un rôle de premier plan à l’appui de la stratégie d’innovation du Canada. Voici ses programmes :

  • Fonds de relève : pour les nouveaux professeurs
  • Fonds d’innovation : fournit des installations et de l’équipement correspondant aux priorités des établissements
  • Fonds d’exploitation des infrastructures : contribue aux coûts d’exploitation des installations
  • Chaires de recherche du Canada : nous appuyons l’acquisition de l’équipement dont les détenteurs des nouvelles Chaires ont besoin.
  • Fonds internationaux : permettent aux Canadiens d’attirer des partenaires internationaux exceptionnels chez eux et permettent aux Canadiens d’avoir accès à des installations internationales uniques en leur genre. Ces fonds sont conçus pour servir de trait d’union entre les meilleurs chercheurs du monde.

Jusqu’à maintenant, la FCI a accordé une aide financière à 1975 projets à un coût total de quelque 1,75 milliard de $ (part de la FCI dans des projets d’un coût total de plus de 4 milliards de $).

5. Comment les établissements appuyés par la FCI décident-ils quels projets mettre de l’avant dans le cadre des concours de la FCI?

Ils préparent et publient des plans de recherche qui les aident par la suite à choisir les projets soumis à l’évaluation de la FCI. Cette approche les a amenés à mettre l’accent sur le développement et l’atteinte de l’excellence.

6. Les clients de la FCI ont-ils réussi à trouver des fonds de contrepartie?

Aucun projet n’a échoué à cause du manque de fonds de contrepartie. Les établissements ont remarquablement bien réussi à encourager les gouvernements provinciaux à les aider en leur fournissant des fonds de contrepartie. Effectivement, c’est parce que le gouvernement fédéral ne participe pas directement à la prise des décisions à ce sujet et que les décisions de la FCI sont fondées sur les mérites des demandes que ses programmes connaissent autant de succès.

7. Quels sont les processus de sélection?

Les processus de sélection de la FCI sont fondés sur les mérites des demandes et ils font appel à l’examen des demandes par des experts et par des comités. Jusqu’à maintenant, nous avons eu recours aux services de plus de 2000 évaluateurs dont bon nombre proviennent de l’extérieur du Canada et nous avons sollicité les avis de comités d’experts. Bien qu’il arrive que les auteurs de certaines demandes rejetées par la FCI expriment quelques préoccupations, la grande majorité des gens pensent que le processus de sélection de la FCI est intègre et qu’il a cette réputation d’intégrité. Les critères de sélection de la FCI sont largement diffusés.

8. Quelle est la répartition des contributions de la FCI en dollars et en nombre de demandes?

Les établissements de toutes les régions du pays, qu’ils soient de grande ou de petite taille, ont des taux de succès assez semblables. On retrouve le type d’excellence que la FCI recherche dans tous ces établissements. Chose remarquable, la répartition des fonds de la FCI entre les établissements est semblable à celle du financement des organismes subventionnaires.

9. Qu’est-ce que les établissements desservis par la FCI ont pu accomplir grâce à son aide?

Nous exigeons des rapports annuels de la part des établissements et de chaque projet. Ces rapports témoignent d’un renouveau remarquable de l’excellence et de l’enthousiasme chez les établissements, qui sont maintenant en mesure de recruter et de conserver des professeurs et des étudiants des cycles supérieurs exceptionnels. Il est évident que le Canada est en mesure de recruter les meilleurs parmi les meilleurs. Ces établissements sont implantés dans des collectivités de grande ou de petite taille d’un océan à l’autre et ils contribuent dans une grande mesure à aider ces collectivités à faire partie de la société axée sur le savoir.

10. Quel rôle les établissements appuyés par la FCI jouent-ils dans le domaine de la commercialisation et de la création de grappes?

Par dollar de recherche, la productivité des établissements canadiens se compare bien à celle de leurs homonymes américains. Cette productivité de recherche est très élevée. Les principales différences entre le Canada et les États-Unis à cet égard proviennent du fait que la capacité de réception des résultats de la recherche est plus faible ici. Il y a déjà bon nombre de grappes d’innovation au Canada. Ces grappes gravitent autour des universités, des hôpitaux, des collèges etc., qui constituent les principaux éléments de ces grappes. Ces établissements sont implantés dans des collectivités de toutes les régions du Canada et ils sont souvent perçus par les municipalités comme le cœur de leur vision d’avenir.

11. La FCI est–elle obligée d’établir des priorités entre les disciplines?

Il y a bien des groupes de pression qui aimeraient convaincre la FCI de donner la priorité à leurs thèmes préférés. Cependant, l’examen de quelque 100 plans de recherche démontre que les établissements eux-mêmes ont identifié les principaux domaines de recherche importants pour le Canada – p. ex. la technologie de l’information, la nanotechnologie, la génomique, la biotechnologie, la science des matériaux et bien d’autres domaines.

12. Comment peut-on observer les effets de la FCI, identifier ses résultats et déterminer si leur valeur est proportionnelle aux investissements publics consentis dans ses activités?

La FCI rend compte de ses activités de nombreuses façons et ses activités sont très transparentes. En plus de la vérification officielle de ses activités par une entreprise du secteur privé, la FCI fait l’examen et l’évaluation de ses activités à intervalles réguliers et en diffuse largement les résultats. Nous autorisons la conduite d’examens et d’évaluations par des tierces parties. Nous demandons aux établissements de nous soumettre leurs plans de recherche et des rapports d’étape sur leurs projets et nous publions ces plans et rapports. Nos soumettons tous ces documents au Ministre conformément à notre entente de financement, ce qui lui permet de se tenir au courant des résultats des investissements de la FCI dans la recherche et de la rentabilité des retombées obtenues grâce à l’aide de la FCI. Et nous comparaissons, bien sûr, à intervalles réguliers devant les Comités de la Chambre des communes.

13. Observe-t-on l’apparition de nouveaux modèles de gouvernance?

La FCI elle-même offre un nouveau modèle de gouvernance qui a recueilli beaucoup d’éloges, qui inspire le respect et que beaucoup commencent à suivre. À mesure que le gouvernement donne des moyens d’action à un nombre croissant d’intervenants non gouvernementaux en recherche, on constate l’apparition de nombreux nouveaux modèles de gouvernance au niveau des établissements. En général, l’adoption de ces modèles amène des groupes d’universités, d’hôpitaux et de collèges à collaborer librement entre eux, souvent à l’échelle pan-canadienne. Dans d’autres cas, le secteur privé et les agences provinciales ou fédérales choisissent de se joindre aux alliances de ce type. L’addition de laboratoires gouvernementaux et les politiques d’achat des gouvernements (souvent menant à des contrats aux universités) peuvent rehausser ce mélange dynamique. Il est intéressant de constater qu’une seule université (Toronto) et ses hôpitaux affiliés ont réussi, grâce au financement externe de recherche de plus de 400 millions de $ qu’ils ont obtenu par concours et au recours à leurs propres fonds de recherche, à se classer au premier rang des établissements de recherche du Canada. Ensemble, ils ont même surpassé le Conseil national de recherches. Et plusieurs autres universités ne sont pas loin derrière cet organisme.

14. Y a-t-il des préoccupations et des plaintes au sujet de la FCI?

Bien sûr qu’il y en a, surtout de la part des établissements qui n’ont pas eu de succès dans le cadre de ses concours rigoureux. Certains petits établissements se sentent désavantagés mais leur taux global de succès est à peu près le même que celui des grands établissements. Certaines régions se sentent désavantagées par rapport à d’autres mais les taux de succès sont semblables dans toutes les régions du pays.

15. De quoi les établissements desservis par la FCI ont-ils besoin pour être en mesure de bien jouer leur rôle en rehaussant l’image de marque du Canada et en l’aidant à se classer parmi les cinq meilleurs pays du monde en termes du rapport de ses dépenses globales en R et D divisées par son PIB d’ici 2010?

Le gouvernement fédéral doit défrayer entièrement le coût des recherches qu’il subventionne dans ces établissements, comme il a commencé à le faire. Ceci comprend les investissements qu’il effectue dans la FCI, les Chaires de recherche du Canada, les coûts indirects de la recherche et les bourses d’études supérieures au niveau des établissements, et l’augmentation des budgets consentis aux organismes subventionnaires au niveau des chercheurs individuels. Nous avons accompli beaucoup mais la tâche n’est pas terminée. La FCI répond à des besoins réels. Au cours des mois qui viennent, il faudra porter attention à certains programmes qui viennent à leur terme sous peu, soit le Fonds d’exploitation des infrastructures, le Fonds d’infrastructure des Chaires de recherche du Canada et les programmes internationaux.

16. Que faudra-t-il faire pour que la FCI continue sur sa lancée d’ici 2010?

La FCI joue un rôle important en vue d’aider le Canada à viser la médaille d’or. Elle aide les établissements canadiens à lutter contre la fuite des cerveaux et à recruter et à conserver les meilleurs chercheurs du monde. On peut lire souvent des articles au sujet de la FCI et de la recherche qu’elle appuie dans les périodiques nationaux et internationaux, et même dans les magazines distribués dans les avions. Les établissements et les chercheurs ont maintenant confiance que le Canada peut relever le défi de se classer parmi les meilleurs au monde et ils livrent concurrence sur la scène internationale grâce à l’aide de la FCI et des autres agences. Vous avez donné le ton. La collectivité de la recherche a relevé le défi. Vous devez garder le cap. L’atteinte de la prospérité économique et de la qualité de vie pour tous en dépendent.