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tête@tête avec Stephen Hawking et Neil Turok

Deux physiciens théoriciens de renommée mondiale nous parlent de leur domaine d'étude et de l'avenir de l'Institut Perimeter du Canada
Le 16 juin 2010
Stephen Hawking
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Stephen Hawking
Institut Perimeter pour la physique théorique

Il faut être doué en communication pour rendre la physique compréhensible au commun des mortels. C’est exactement ce que le professeur de Cambridge Stephen Hawking a réussi il y a 20 ans avec Une brève histoire du temps, compte rendu populaire de ce qu’on savait alors de l’origine et de l’évolution de l’univers. Énorme succès de vente, ce livre a suscité un intérêt pour le cosmos et mis sur toutes les lèvres le nom de son auteur. Hawking est au Canada cet été afin de travailler avec des scientifiques de l’Institut Perimeter pour la physique théorique dont son directeur Neil Turok. Anciens confrères de Cambridge, les deux hommes ont élaboré la théorie de l’instanton de Hawking-Turok, selon laquelle l’univers serait né d’une minuscule torsion de la matière et de l’espace-temps. Voici un condensé des réflexions qu’ils ont livrées en diverses occasions sur l’Institut Perimeter et ses projets scientifiques et sur l’importance de la physique en général.


Qu’est-ce qui vous amène à l’Institut Perimeter?

Stephen Hawking : Il s’y passe des choses très excitantes pour moi. Je m’intéresse de très près à son objet d’étude, la théorie des quanta et l’espace-temps. J’appuis entièrement ses ambitieux projets d’expansion, de recherche et de formation.

Pouvez-vous nous expliquer un peu la science qu’on fait ici?

Neil Turok : D’une part, vous avez la théorie de la relativité générale d’Einstein, qui décrit la physique aux plus grandes échelles observables, celles des planètes, des étoiles, des galaxies et de l’univers lui-même, où la gravité règne et gouverne la dynamique de l’arène spatio-temporelle où se produisent tous les autres phénomènes physiques. D’autre part, vous avez la théorie des quanta, qui décrit le comportement de la matière aux plus petites échelles observables, celles des mondes atomiques et subatomiques, où évoluent et interagissent les particules élémentaires. Avec ce double objet d’étude, l’Institut est à la fine pointe de la physique théorique du 21e siècle et c’est très passionant d’en faire partie.

Comment un tel établissement encourage-t-il la recherche?

SH : La physique se transmet le mieux en personne. Dans mon cas, le fait de rencontrer (le physicien mathématicien anglais) Roger Penrose et de trouver de nouvelles formules mathématiques pour comprendre l’espace-temps a été d’une importance capitale et m’a permis d’élaborer mes propres idées.

Il me semble que l’Institut Perimeter cherche à créer une atmosphère semblable. Avec son mélange de chercheurs d’élite, de visiteurs inspirants et d’étudiants brillants qui viennent de partout dans le monde, je m’attends à des découvertes sensationnelles.

Quels seraient quelques-unes des plus grandes interrogations de la physique?

Neil Turok
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Neil Turok
Institut Perimeter pour la physique théorique

SH : Il y en beaucoup : comprendre le big bang, unifier la gravité avec la mécanique quantique, découvrir ce qui se passe quand un trou noir se désintègre…

Quelle a été l’importance de la physique théorique?

NT : La physique théorique est l’une des disciplines de la science qui amènent le plus de retombées au moindre coût. Les découvertes telles que celles de Newton, de Maxwell et d’Einstein ont fait avancer la connaissance élémentaire du monde qui nous entoure et favorisé des percées technologiques qui ont littéralement transformé la société.

Et aujourd’hui?

NT : Aujourd’hui, ses idées stimulent et orientent des expériences internationales comme le Grand collisionneur de hadrons, qui poussent la technologie à la limite et fascinent le public. Parce qu’elle est très pluridisciplinaire, la physique théorique apporte des éléments clés à différents domaines, depuis l’astronomie et les mathématiques pures jusqu’aux neurosciences et à l’informatique. C’est une discipline créative qui se réinvente constamment, qui trouve des moyens de sonder encore plus creux les secrets de la nature et qui élargit son champ d’application.

Parlez-nous de l’expansion en cours à l’Institut.

NT : L’établissement double de taille et est aménagé de manière à offrir à l’esprit humain un milieu idéal pour concevoir, visualiser et comprendre la nature de la réalité physique, depuis le monde subatomique jusqu’à l’univers tout entier. Mais l’expansion est avant une affaire de capital humain. Le domaine attire spontanément une élite de jeunes cerveaux brillants et ambitieux qui mènent sous de nombreux angles différents des quêtes fondamentales en physique pure. Nous voulons les encourager et faire fructifier leurs efforts et leurs talents dans un milieu fertile en interactions et en collaboration. C’est là notre stratégie pour favoriser des percées dans la recherche.


Durant son séjour de six semaines au Canada, Stephen Hawking mène des activités de recherche privées et se prête à des collaborations scientifiques avec d’autres physiciens de haut niveau. Le 20 juin 2010 à 20 heures HAE, il donne une conférence spéciale diffusée à TVO (anciennement TVOntario), qu’on peut aussi capter par satellite dans tout le pays. Consultez le site de l’Institut pour connaître les canaux de diffusion et vous renseigner davantage.