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Tester la qualité de l’eau
« Tous les êtres humains ont besoin d’eau pour survivre, affirme le chercheur Brent Wootton. Et il en est de même pour toutes les formes de vie. »
À titre de directeur et scientifique principal du Centre for Alternative Treatment (CAWT) du Collège Fleming, à Lindsay, en Ontario, le chercheur perçoit clairement les retombées potentielles de sa recherche. « Il est extrêmement gratifiant de savoir que l’élaboration de solutions appliquées afin d’améliorer la qualité de l’eau peut avoir des répercussions si importantes sur la vie des habitants du monde entier et la planète elle-même. »
Depuis sa mise sur pied en 2002, le CAWT est devenu un carrefour de l’expertise et de la recherche appliquée en matière de traitement alternatif des eaux usées et des terres humides aménagées. Aujourd’hui, grâce à la contribution de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), le centre pourra rénover ses installations et moderniser ses équipements afin d’aider les chercheurs à approfondir leurs travaux de recherche notamment en ce qui concerne les effluents industriels.
L’amélioration de l’infrastructure permettra aux partenaires des secteurs privé et public d’accroître le nombre d’activités de recherche appliquée et de développement, notamment en étudiant des systèmes de traitement fondés sur la biologie pour éliminer les éléments traces toxiques, en particulier dans le secteur minier.
« L’eau contaminée par des éléments traces représente un problème mondial, surtout en milieu industriel, observe Wootton. En effet, de nombreux éléments traces s’avèrent toxiques pour les organismes, et ce, même en très faible concentration. Il est difficile d’éliminer ou d’immobiliser ces contaminants qui sont extrêmement solubles. »
M. Wooton cherche du côté des systèmes de traitement à base de bactéries qui pourraient constituer une approche saine et écologique pour éliminer les éléments traces des eaux usées. Alors que la plupart des systèmes de ce genre sont utilisés pour séparer les déchets naturels comme les eaux d’égout, les bioréacteurs étudiés par le chercheur utilisent des bactéries pour traiter les métaux lourds. « Les microbes ne peuvent pas détruire les métaux; ils les rendent simplement insolubles, explique-t-il. Ce faisant, les métaux sont condensés sous forme solide et peuvent donc être interceptés, puis recyclés ou traités de façon adéquate. »
Un certain nombre de facteurs ont une incidence sur l’efficacité de cette méthode. « Une connaissance approfondie des types de bactéries existantes, de leur interdépendance et des exigences liées à la conception du système afin que le rendement soit optimal été comme hiver est essentielle afin d’augmenter l’utilité de ces systèmes, affirme le chercheur. En examinant, en définissant et en ciblant les procédés qui entrent en jeu dans un bioréacteur en marche, nous espérons parvenir à éliminer les métaux plus efficacement et à accroître la fiabilité du rendement à long terme. »
De plus, ces systèmes sont peu coûteux en comparaison des méthodes traditionnelles où il fallait excaver pour transporter les métaux hors du site ou encore traiter les effluents à la chaux afin d’éliminer la contamination par les métaux. Ces systèmes exigent moins de maintenance et sont très bien acceptés par les collectivités, » affirme le chercheur. Ce dernier croit fermement que, au fur et à mesure que le CAWT approfondira ses connaissances de ces systèmes et que ceux-ci seront améliorés, ces derniers pourront être commercialisés et adoptés à grande échelle.
Bien que le CAWT ait déjà tenu une série d’essais sur les systèmes de traitement biologiques et, ce faisant, établi des partenariats avec 40 entreprises, il faut mener davantage de recherche afin de commercialiser cette technologie. Selon M. Wootton, « un certain nombre de ces sociétés de l’industrie minière sont impatientes de collaborer avec le collège en vue de poursuivre ces recherches. »
Pour l’industrie minière canadienne, qui, selon la Fédération de l’industrie minérale du Canada, a contribué pour 32 milliards de dollars au PIB du pays et employé 306 000 travailleurs en 2009, il est essentiel de réaliser des progrès technologiques en matière de traitement des eaux. On estime que près d’un millier de sociétés canadiennes d’exploration minière exercent également leurs activités dans plus d’une centaine de pays.
En Ontario seulement, il existe plus de 5 700 sites miniers abandonnés connus. Parmi ceux-ci, 4 000 posent des risques pour la santé et la sécurité publiques, et l’environnement. On estime qu’il coûterait environ 500 millions de dollars pour les réhabiliter.
« Le secteur minier est en plein essor et il doit se soumettre à des contraintes environnementales toujours plus grandes, observe le chercheur. En mettant au point une technologie qui serait efficace sous tous les climats et toutes les conditions géophysiques du Canada, il serait possible, en théorie, d’exporter cette technologie n’importe où dans le monde. »
1Gouvernement de l’Ontario, ministère du Développement du Nord et des Mines http://www.mndm.gov.on.ca/mines/mg/abanmin/default_f.asp?





