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Lumières, caméra, recherche!

Le Sheridan College se dote d’équipement de pointe pour appuyer l’industrie audiovisuelle de l’Ontario
Le 16 avril 2013

Lorsque des personnages animés et des acteurs en chair et en os apparaissent ensemble à l’écran, leurs mouvements doivent être parfaitement synchronisés. Il en va de même pour les films en 3D, qui combinent les images provenant de deux caméras placées dans des angles bien précis, l’une pour l’œil droit et l’autre pour l’œil gauche.

Le matériel et les logiciels spécialisés dans ce domaine doivent faire l’objet de recherches et de tests approfondis ‒ un processus dont le coût peut être prohibitif pour une seule entreprise, et même pour deux ou trois petites entreprises travaillant ensemble. C’est pourquoi le Screen Industries Research and Training Centre (SIRT) du Sheridan College, fondé en 2009, s’associe à de petites et moyennes entreprises spécialisées dans la production de films, d’émissions de télévision et de jeux vidéo de l’Ontario pour maîtriser les technologies et les systèmes de travail les plus efficaces.

« Nous faisons en sorte que les petites entreprises de l’Ontario aient recours au même type de technologie utilisé par le réalisateur James Cameron sur une énorme production de plusieurs millions de dollars, sans dépasser leurs budgets et leurs horaires de production », explique le directeur du SIRT, John Helliker, qui a enseigné la réalisation, les effets spéciaux et la prévisualisation au Sheridan College d’Oakville, en Ontario.

M. Helliker veut maintenir les 16 000 emplois existants dans la province dans le secteur de la production de jeux en ligne et de médias interactifs, et en créer d’autres.

Le SIRT se trouve dans les studios Pinewood, à Toronto, un vaste complexe de production cinématographique et télévisuelle situé dans le secteur de Port Lands, un quartier en plein essor où logent de nombreuses entreprises de médias numériques. Les installations du SIRT comprennent un laboratoire de postproduction et d’effets visuels, ainsi qu’un studio de 465 mètres carrés utilisés pour tester l’équipement et faire des présentations.

Jusqu’à maintenant, les chercheurs du centre devaient utiliser de l’équipement emprunté à des fabricants, à des détaillants et à des entreprises de location. Ils ont dû refuser certaines collaborations parce qu’ils ne disposaient pas du matériel nécessaire.

Grâce au financement du Fonds collège-industrie pour l’innovation de la Fondation canadienne pour l’innovation, à hauteur de 800 000 dollars, M. Helliker prévoit doter le centre de son propre équipement. Il compte notamment acquérir des caméras de cinéma HD et numériques, des supports spécialisés pour placer les caméras 3D dans un angle précis et des logiciels pour coordonner en temps réel des éléments réels et animés.

Kim Davidson, président et chef de la direction de l’entreprise Side Effects Software, située à Toronto, et membre du comité consultatif du SIRT, se dit enthousiasmé par les possibilités de recherche du nouvel équipement. Side Effects est un concepteur de logiciels d’animation et d’effets 3D dont les clients créent des effets spéciaux numériques destinés à de grandes productions cinématographiques. L’entreprise a déjà collaboré avec le SIRT, notamment un projet de recherche sur une solution qui permet d’importantes économies de temps et d’argent.

Comme l’indique M. Davidson, les effets spéciaux, dont le feu, la fumée et l’eau, sont habituellement ajoutés à l’étape de la postproduction. Le SIRT a toutefois aidé son entreprise à intégrer des effets spéciaux aux scènes d’action en temps réel, réduisant ainsi les risques de décalage et le gaspillage de ressources.

« En travaillant avec le SIRT, nous avons collaboré avec des personnes talentueuses et utilisé de l’équipement pour mettre au point des outils d’intégration des effets spéciaux en temps réel dont les réalisateurs peuvent se servir sur le plateau, explique-t-il. Ils assistent donc à la concrétisation de leur vision plus tôt dans le processus de production et de préproduction. »

Pour sa part, M. Helliker est particulièrement heureux du financement octroyé à la recherche appliquée dans les collèges. Le rapport intitulé Innovation Catalysts and Accelerators du Conference Board du Canada relève d’importantes possibilités pour les collèges et mentionne que les petites et moyennes entreprises (PME) les considèrent comme un endroit de choix pour les installations et l’équipement de recherche.

Le rôle du SIRT ne se résume toutefois pas à aider les entreprises de production. Il offre également des stages rémunérés aux étudiants en animation, en médias numériques, en informatique et en gestion de projet du Sheridan College et des universités partenaires, soit la University of Waterloo et l’Université York.

Satpal Kaur Bhullar et Navtej Pal Singh Sabhi, deux stagiaires du Sheridan College, ont utilisé une technologie de capture de mouvements au SIRT pour saisir les mouvements du visage, de la tête et des épaules d’un acteur qui portait une tête d’âne. Cet exercice s'inscrivait dans le projet de recherche réalisé avec un fournisseur de services d’animation de l’Ontario.

« Nous apprenons, nous mettons en pratique nos apprentissages et nous faisons des essais, explique Satpal Kaur Bhullar, étudiante de deuxième année en analyse de systèmes informatiques au Sheridan College. C’est une expérience unique. »

Navtej Pal Singh Sabhi, qui étudie aussi dans ce programme, abonde dans le même sens : « Ce qui me plaît le plus dans mon travail est de trouver nous-mêmes des solutions novatrices. Nous avons l’occasion de mettre en pratique les apprentissages en classe. »

Selon M. Helliker, le plus important est que la collaboration entre des étudiants prometteurs et des professionnels chevronnés des sociétés partenaires du SIRT donne des résultats exceptionnels. « Ils travaillent ensemble, trouvent des idées novatrices et contribuent au développement économique, dit-il. Et on fait ainsi en sorte qu’ils restent ici, en Ontario. »

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