Près de 3 000 Canadiens recevront un diagnostic de cancer cette semaine. Chacun d’entre eux se verra contraint d’envisager des traitements, tout en devant faire face à cette terrible nouvelle. Natalie Raso espère leur venir en aide en leur procurant un traitement efficace qui tuera les cellules cancéreuses sans toucher aux cellules saines. Cet objectif peut sembler ambitieux, mais pour cette jeune fille de 16 ans, de Hamilton, en Ontario, cela n’a rien d’extraordinaire.
À l’âge tendre de six ans, Natalie a décidé qu’elle serait médecin. Ses parents n’ont pas du tout été surpris. Toute petite, elle avait un caractère de meneuse, mûre et responsable. « À la prématernelle, précise Catherine, sa mère, Natalie enseignait la lecture à ses camarades, et elle en était fière. Sa motivation était totalement intérieure. »
L’intérêt de Natalie pour la difficile recherche de moyens de vaincre le cancer n’est pas seulement attribuable à ses ambitions; il a aussi une raison d’être très personnelle. « Mes deux grands-pères étaient de gros fumeurs, explique-t-elle, et l’un d’eux est mort d’un cancer du poumon. » C’est cette tragédie combinée à sa passion pour les sciences de la santé qui l’animent.
Elle a commencé ses recherches par des études sur le tabagisme et la capacité pulmonaire. Peu après, elle s’est intéressée au cancer de l’estomac. Le projet qu’elle a réalisé dans ce domaine — Gut Reactions : A Histological Investigation of the Effect of Helicobacter Pylori in the Development of Gastric Cancer — lui a valu une médaille d’or à l’Expo-sciences pancanadienne 2004 ainsi que la possibilité de participer au Festival des sciences de la jeunesse de l’Asie-Pacifique, à Beijing, en Chine. Elle était loin de se douter que cet événement marquerait le début d’un nouvel épisode dans sa vie de jeune chercheuse.
C’est à ce festival qu’elle a été initiée aux thérapies virales oncolytiques. Elle a été immédiatement intriguée et a voulu en savoir plus sur ce mode de traitement. Comment les virus combattent-ils le cancer et quelle pouvait être sa contribution dans ce domaine de recherche ?
« Quand je suis rentrée chez moi, explique-t-elle, j’étais impatiente d’approfondir ce domaine. » Elle est entrée en contact avec le Dr Jeffrey Hummel et la Dre Karen Mossman, du Centre for Genetic Therapeutics de l’Université McMaster, tous deux experts des thérapies virales oncolytiques. Ils se sont montrés disposés à la guider et à lui indiquer les ressources dont elle aurait besoin. Par le fait même, l’adolescente avait la chance de mener des recherches de pointe. Que demander de plus ?
Les recherches de Natalie visent à déterminer si le virus mutant de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1) peut tuer, de façon efficace et sécuritaire, toutes les cellules atteintes par un cancer osseux, sans toucher les cellules saines. Ce virus se prête particulièrement bien à la thérapie du cancer car il est facile à manipuler et il tue les cellules infectées. C’est également un agent thérapeutique sûr car il existe des médicaments pour le contrôler s’il prolifère au-delà des quantités requises pour traiter le cancer. Jusqu’à présent, les résultats obtenus sont très prometteurs. Dans le cadre d’essais en laboratoire, le virus a tué 100 % des cellules cancéreuses sans infecter une seule cellule saine. Il a donc le potentiel de devenir un traitement efficace contre le cancer.
Il va sans dire que les recherches révolutionnaires de Natalie lui valent les éloges de l’ensemble de la communauté scientifique. Elle a remporté de nombreux prix à l’Expo-sciences pancanadienne 2005, dont celui du meilleur projet de l’événement, décerné par EnCana, et une médaille d’or dans la catégorie Intermédiaire, Sciences de la santé. Ces succès ne peuvent toutefois se comparer au bonheur que lui procurent ses travaux en laboratoire. « Le sentiment de faire des découvertes, dit-elle, de savoir qu’on a peut-être trouvé quelque chose que personne ne connaît, rien ne peut être plus stimulant ! »
Natalie veut devenir oncologiste, mais d’ici là, elle poursuivra ses recherches dans l’espoir de trouver une façon de vaincre le cancer, afin que plus personne ne perde de proches à cause de cette maladie. Aucune autre récompense ne pourrait mieux couronner ses efforts, autant sur le plan personnel que professionnel.
Pour en savoir plus
Université de Western Ontario – Natalie Raso (site anglophone)






