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Le limier des fonds marins

Le 6 mai 2009

Que faire lorsqu’on découvre un pied humain échoué sur une plage, comme c’est arrivé près de Vancouver l’an dernier? En quête d’indices, des coroners de la Colombie-Britannique ont fait appel à Gail Anderson, entomologiste judiciaire à l’Université Simon Fraser de Burnaby. Cette spécialiste sait ce qui arrive aux différentes parties du corps une fois que la chair et les cartilages ont été mangés par des créatures marines… Elle l’a vu de ses yeux.

Ces trois dernières années, elle a plongé des carcasses de porc dans l’océan près de Victoria et, grâce à l’observatoire sous-marin VENUS (Victoria Experimental Network Under the Sea), elle a pu observer sur son écran d’ordinateur ce qui leur arrivait à quelque 100 mètres de profondeur.

Relié à l’Université de Victoria, VENUS alimente en continu le réseau Internet de données physiques, chimiques et biologiques recueillies en trois endroits dans l’anse de Saanich Inlet et le détroit de Géorgie. Pour les scientifiques qui étudient l’univers complexe et mouvant des eaux de la côte Ouest, cette multitude de données facilement accessibles est d’une valeur inestimable.

Gail Anderson se sert de ce système unique en son genre comme bien d’autres, mais pour elle, il révolutionne la criminalistique marine. Il enregistre l’ordre dans lequel les charognards – crabes, requins et autres créatures – vont prendre d’assaut une carcasse de porc immergée. Comme cette dernière ressemble à un torse humain, les informations fournies par VENUS pourront aider, par exemple, à déterminer le moment précis d’un décès dans le cadre d’une enquête policière.

« C’est la question habituelle des enquêteurs, dit-elle. Qu’est-ce qui arrive à un corps immergé? Maintenant, je peux leur dire. Je peux leur montrer. Je peux leur indiquer quoi faire et quoi ne pas faire quand ils récupèrent un cadavre et ce qu’ils devraient rechercher. Ce sont des conclusions purement pratiques. »