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Fondation canadienne pour l'innovation

Bâtir l'infrastructure d'un pays qui innove
Le 15 janvier 2007
Le 21e siècle sera celui des sociétés et des économies du savoir, axées sur la recherche de pointe, animées par une main-d’œuvre fortement scolarisée et spécialisée, et servies par un cadre commercial, réglementaire et social favorisant l’initiative et la pensée créatrice.
 

L’État a un rôle crucial à jouer à l’égard de chacun de ces éléments. Au Canada, le gouvernement fédéral s’est chargé de plus en plus, depuis une dizaine d’années surtout, de soutenir les trois grands piliers de la recherche-développement (R-D) du secteur public : les gens, les idées et l’infrastructure. Les organismes de financement spécialisés qui font l’objet du présent numéro d’InnovationCanada.ca jouent ce rôle en aidant tant les chercheurs (salaires, coûts directs de recherche) que les établissements (coûts indirects de recherche, infrastructure).

Ainsi, les Chaires de recherche du Canada (CRC) visent essentiellement à procurer au pays un bassin de chercheurs — les gens — qui soit compétitif à l’échelle internationale; les organismes de financement (CRSH, CRSNG, IRSC) concentrent leurs efforts sur l’enrichissement du savoir — les idées — en assumant les coûts directs de la recherche; enfin, la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) fournit de l’équipement et des installations perfectionnées — l’infrastructure — sans lesquels il serait impossible d’effectuer des recherches de calibre mondial.

Depuis sa création en 1997, la FCI a investi quelque 3,5 milliards de dollars dans plus de 5 000 projets menés dans les universités, les collèges, les hôpitaux et autres établissements de recherche du Canada. Son aide couvre tout le spectre de la recherche (sciences naturelles, génie, sciences de la santé, sciences sociales et humaines) et bien souvent réunit des disciplines différentes dans des initiatives emballantes qui innovent au plus haut point. C’est d’ailleurs là, à la confluence des champs de recherche, que se trouvent fréquemment les solutions à certains des problèmes les plus pressants de la société.

De plus en plus, le programme des CRC, les trois organismes de financement et la FCI veulent tirer le meilleur parti de leurs ressources en coordonnant leurs contributions respectives à l’effort global de R-D. Depuis l’institution des Chaires, par exemple, la Fondation procure à leurs titulaires l’infrastructure et l’équipement dont ils ont besoin pour mettre sur pied et entretenir leurs programmes de recherche. Cette démarche concertée de la FCI et des CRC a non seulement contribué grandement à attirer chez nous des éléments du plus haut calibre mondial, elle a en réalité mis fin à l’exode des cerveaux qui saignait notre pays dans les années 1980 et au début des années 1990.

Plus récemment, la FCI a piloté un projet auquel participaient les trois bailleurs de fonds et plusieurs autres partenaires en vue de tisser à travers le Canada un réseau national de calcul de haute performance (CHP), à partir de sept consortiums régionaux dans lesquels elle avait déjà investi. Misant sur l’immense potentiel de CANARIE, premier réseau optique national de recherche et d’éducation par Internet au monde, ce nouveau réseau transcontinental de CHP reliera pratiquement tous les établissements où se concentre la recherche au Canada. Pour l’économie canadienne du savoir au 21e siècle, elle sera ce qu’a été le chemin de fer transcontinental pour les économies primaire et industrielle des 19e et 20e siècles.

Tout comme l’éducation prodiguée à l’enfance, l’investissement public dans la R-D peut mettre des années à donner la pleine mesure de ses bienfaits économiques et sociaux. Il reste qu’on ressent déjà l’effet des injections de fonds dans la recherche universitaire, collégiale, hospitalière. Elles promettent d’être fort rentables dans les années à venir, pourvu que le cap soit maintenu, comme le signale chacun des collaborateurs au présent numéro de notre cybermagazine.

Quant aux investissements de la FCI elle-même, un de leurs bienfaits les plus évidents est cette facilité avec laquelle on parvient à attirer et à garder au Canada des chercheurs d’élite, malgré une féroce concurrence mondiale. Un autre est cette capacité accrue de former les travailleurs du savoir et le personnel technique hautement spécialisé qui feront tourner l’économie de notre pays à l’avenir, dans les secteurs privé, public, à but non lucratif et universitaire.

En outre, plusieurs des investissements de la FCI dans des installations dispendieuses ont procuré au Canada un avantage concurrentiel mondial et suscité une admiration universelle pour ses exploits scientifiques et technologiques, dont le Centre canadien de rayonnement synchrotron, à l’Université de la Saskatchewan, l’Observatoire de neutrinos de Sudbury, dirigé par l’Université Carleton, le brise-glace Amundsen, laboratoire flottant de recherche océanographique et environnementale rattaché à l’Université Laval, les observatoires des fonds marins VÉNUS et NEPTUNE, coordonnés par l’Université de Victoria, le Centre de recherches sur le diabète, à l’Université de l’Alberta, et le Projet canadien de licences de sites nationales à l’Université d’Ottawa.

La recherche-développement canadienne a progressé de façon impressionnante ces dernières années. Si nous persévérons et continuons de travailler ensemble, nous pouvons maintenir cet élan dans l’avenir. Le 21e siècle nous réserve certes des défis de taille, mais ses promesses sont plus grandes encore : nous bâtirons un pays où l’innovation apportera la prospérité économique, la solidarité sociale, la santé et le mieux-être pour tous et un environnement viable pour les générations futures.

Investissements

Par Briony Smith, rédacteur attitré, ITBusiness.ca

La Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) a concrétisé de belle façon son engagement de longue date envers l’informatique à haute performance en investissant 78 millions de dollars dans un réseau national de superordinateurs.

Selon l’annonce faite à l’Université de Toronto à la fin de décembre 2006, une part de 60 millions proviendra du Fonds des plateformes nationales (créé pour financer des équipements et des ressources pouvant servir à plusieurs institutions et disciplines scientifiques) et une autre de 18 millions, du Fonds d’exploitation des infrastructures. Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada y va d’une contribution de 10 millions de dollars en cinq ans, au titre des dépenses courantes de fonctionnement.

Le projet reliera entre elles sept installations existantes de calcul de haute performance (CHP), dont WestGrid de la Colombie-Britannique, SHARCNET de l’Ontario et ACEnet du Canada atlantique. Comme l’a expliqué le président-directeur général de la FCI, Eliot Phillipson, les chercheurs feraient connaître leur besoin d’utiliser le réseau à telle ou telle fin pendant 48 heures, puis leur projet serait acheminé aux superordinateurs pertinents, disponibles à ce moment-là.

L’information transiterait en accéléré par le réseau optique CA(*)net 4 de Canarie, une entreprise à but non lucratif financée par le gouvernement. « À la différence des autres réseaux, il s’agira d’une plateforme unique constituée à même différentes ressources, et tissée beaucoup plus serrée, de dire Andrew Bjerring, président et chef de la direction de Canarie. Atteler de nombreuses machines à une même tâche, nous le faisons déjà. Nous voulons cette fois dépasser le stade du calcul. Par exemple, les données pourraient être à un endroit, tandis que les logiciels viendraient d’un autre et que la visualisation se ferait ailleurs. »

Un réseau réservé à cette fin empêchera le système de crouler sous les avalanches de données, et Canarie collaborera avec certains des consortiums partenaires, dont WestGrid, à mettre au point des logiciels et des intergiciels qui lui donneront une interface plus uniforme.

Relevant son caractère pancanadien et ses propriétés innovantes, Dr Phillipson a comparé ce super-réseau au chemin de fer transcontinental qui a tant contribué à édifier le Canada.

En entrevue, il a signalé que la FCI se trouvait à enchérir sur des mises antérieures, ayant déjà investi quelque 100 millions de dollars dans les sept consortiums de CHP à travers le pays, et à réduire le double emploi en recherche. « Ils seraient tous revenus solliciter plus d’argent à un moment ou un autre, a t il dit. Il nous a semblé plus logique de les financer collectivement. De cette manière, ils ne seraient pas en concurrence. Ils fonctionneraient comme un tout, plutôt que comme la somme de leurs parties. »

Contrairement à son habitude, la FCI a offert les fonds d’entrée de jeu. À l’automne de 2005, elle a réuni à Ottawa les consortiums de CHP et les représentants intéressés du gouvernement fédéral, des provinces et du secteur privé. « Nous avons mis les 60 millions sur la table. S’ils présentaient une demande solide, qu’ils la pilotaient à travers les étapes prévues et qu’un jury d’experts internationaux lui reconnaissait un grand mérite, alors le financement était à eux. »

Quand on lui a demandé pourquoi la FCI agissait de la sorte, le p.d.g. a répondu : « C’était dans l’ordre des choses, tout simplement. Nous voyions bien que le calcul de haute performance est essentiel à pratiquement toute recherche d’envergure. »

Isabelle Blain, vice-présidente aux subventions de recherche et bourses du CRSNG, tenait à peu près le même discours le jour de l’annonce : « Le CHP est l’un des meilleurs outils que nous ayons pour stimuler l’innovation. »

Pour M. Phillipson, le nouveau réseau favorisera l’innovation à condition de demeurer archi-efficace. Il le compare à une voiture dont on se sert seulement à l’occasion et qui se dégrade le reste du temps. Mettez dans l’équation les innombrables spécialités des scientifiques et de nombreux projets pourraient ne jamais se réaliser, ou alors plus lentement, ou encore de façon fragmentaire, à cause de certaines lacunes de calcul. Avec un réseau transnational accessible, les chercheurs peuvent se brancher là où c’est le plus facile.

« Ils ne se soucient guère que les travaux se fassent via ACEnet ou WestGrid, ajoute Dr Phillipson. Ils veulent juste avoir l’accès, le matériel, les logiciels et le savoir-faire technique nécessaires à leurs recherches. »

Hugh Couchman, directeur scientifique de SHARCNET et professeur de physique et d’astronomie à l’Université McMaster, est persuadé que la capacité logicielle est déjà là, mais il souligne la nécessité de prévoir un nombre suffisant de connexions à largeur de bande respectable pour assurer la bonne marche des projets.

Reproduit avec l’aimable autorisation de Transcontinental Media
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