Pour véritablement préserver l’énergie ainsi que les matières premières et réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous devons modifier profondément notre façon de concevoir, de construire et d’utiliser nos immeubles. Heureusement, ce changement s’opère déjà un peu partout au Canada, notamment à Vancouver, au Centre de la recherche sur le cancer de la Colombie-Britannique. Ouvert officiellement en mars 2005, cet établissement de 88 M$ – l’un des plus importants centres du genre au pays – est un exemple de ce qu’il est possible d’accomplir grâce à la construction écologique; d’ailleurs, il est devenu le premier établissement de santé canadien à obtenir la certification LEED de niveau or.
Créée par le U.S. Green Building Council en 1998, la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), reconnue en Amérique du Nord et dans plusieurs autres pays, constitue un système de mesure de développement durable des immeubles. Autrement dit, la certification LEED d’un bâtiment est la preuve irréfutable de son caractère écologique. Pour qu’un immeuble obtienne l’un des quatre niveaux de certification – certifié, argent, or ou platine –, il doit permettre une réduction considérable ou l’élimination complète des effets négatifs dans cinq domaines : gestion efficace de l’eau, efficacité énergétique et énergie renouvelable, préservation des matériaux et des ressources, aménagement écologique du site et qualité des environnements intérieurs.
Le Centre de la recherche sur le cancer de la Colombie-Britannique obtient des notes élevées dans les cinq catégories, d’où sa certification de niveau or. Ses « qualités durables » comprennent une aération naturelle dans tous les laboratoires et bureaux, un système de récupération de la chaleur provenant du système d’évacuation d’air et du groupe compresseur-condenseur, des toilettes à double chasse, des urinoirs sans eau et des pare-soleil captant l’énergie solaire. De plus, l’établissement comporte des étages de service interstitiels, soit un système qui prévoit un plancher secondaire au-dessus du plancher porteur. Cette structure représente une légère augmentation du coût initial de construction, mais permet une réorganisation plus rapide et moins coûteuse des locaux ainsi qu’une réduction des dépenses allouées aux matériaux et une diminution des déchets. Des avantages appréciables dans un centre où les laboratoires sont habituellement réaménagés tous les neuf mois.
Grâce à ces innovations, la consommation d’énergie du Centre est 50 % moins élevée que celle d’un immeuble de taille comparable et sa consommation d'eau potable est inférieure de 43 %. De plus, une proportion exceptionnelle de 98,5 % des déchets de construction ne se retrouve pas dans un site d’enfouissement.
Le Centre est donc écologique, architecturalement intéressant et surtout fonctionnel. « Dès la première semaine suivant l’emménagement, a poursuivi le Dr Durand, nous avons pu commencer les travaux de recherche et, depuis, il n’y a eu aucun problème. » Autre élément tout aussi important, l’investissement initial supplémentaire nécessaire à la construction écologique de l’immeuble se rembourse plus rapidement que prévu. « Nous anticipions des coûts d’électricité d’environ 1,2 M$, a indiqué le Dr Durand, mais ils sont environ 50 % moins élevés. » Et les sommes importantes que cet immeuble a permis d’économiser au chapitre des coûts d’exploitation seront entièrement consacrées à la recherche contre le cancer, ce qui représente un avantage de taille.
En tant que certificateur LEED officiel au Canada, le Conseil du bâtiment durable du Canadaa constaté une croissance phénoménale de la construction écologique, tant dans le secteur public que privé. En novembre 2007, on comptait 88 immeubles certifiés LEED au Canada et plus de 600 candidats à la certification. « Chaque année, les chiffres doublent, a déclaré Nancy Grenier, directrice des communications et du marketing du Conseil. Le nombre de membres augmente de 10 % chaque mois. »
Le secteur de la construction écologique fait partie d’un vaste mouvement de développement durable mettant l’accent sur une approche à triple enjeu, c’est-à-dire qui accorde une importance égale aux performances environnementale, sociale et économique. « Nous devons cesser de percevoir les immeubles comme un simple assemblage de briques et de mortier, a indiqué Mme Grenier, et reconnaître à leur juste valeur leur apport en matière de conservation d’énergie et de gestion efficace de l’eau ainsi que leur incidence positive sur les communautés et sur la qualité de vie. »









